Crédit photos : Martin Wilhelm

Depuis l’éviction de Caléo de la nouvelle délégation de service public (DSP) pour la gestion de l’eau potable dans une partie de la Communauté de communes de la Région de Guebwiller (CCRG), la contestation semble s’inscrire dans la durée.

La récente mobilisation menée par les salariés et soutenue par les syndicats s’inscrit dans la lignée des événements houleux qui ont marqué les conseils communautaires de juillet (voir notre précédent article).

Une manifestation CGT jeudi 24 juillet

Jeudi soir 24 juillet, la CGT a mené une nouvelle manifestation devant le siège de la CCRG, réunissant une cinquantaine de personnes malgré les vacances scolaires, et la pluie. Ce rassemblement témoigne de la persistance de la détermination des salariés et des soutiens de Caléo, pour la défense de l’emploi et le maintien d’un service public de proximité.

Des mobilisations successives ces dernières semaines

Après la première séance du conseil communautaire écourtée début juillet, une nouvelle mobilisation notable s’est déroulée le jeudi 10 juillet. Ce soir-là, représentants de Caléo et soutiens (dont des opposants à la Zac Daweid) se sont à nouveau réunis devant le siège de la CCRG, déployant banderoles et cornes de brume, pour dénoncer l’exclusion de leur entreprise du processus.

La manifestation a provoqué certaines tensions : la gendarmerie a dû intervenir pour garantir l’accès à la salle aux conseillers communautaires, certains élus prenant le temps de dialoguer avec les manifestants, parfois de manière vive. Malgré l’absence du dossier Caléo à l’ordre du jour, la contestation s’est fait entendre jusque dans l’enceinte communautaire. L’élu guebwillerois Claude Muller remettant ouvertement en cause les choix opérés par l’exécutif communautaire, provoquant l’ire de Marcello Rotolo.

Malgré une forte mobilisation citoyenne, ainsi que de multiples propositions formulées, notamment la création d’une société publique locale ou l’entrée de la CCRG au capital de Caléo, la majorité exécutive a opposé un refus catégorique, se retranchant, selon Guillaume Bedu, délégué CGT, « systématiquement derrière des règlements ». Aucun véritable débat n’a donc pu avoir lieu à ce stade.

Les tensions ont culminé lors d’une nouvelle séance interrompue, cette fois-ci pour cause de coupure d’électricité – événement qui n’aura pas entamé la détermination des soutiens de Caléo à poursuivre leur action. Malgré les vacances scolaires et la lassitude qui pourrait poindre, les opposants au choix de la CCRG sont déjà mobilisés pour les échéances de la rentrée.

Une décision qui interroge les manifestant-e-s

La procédure qui a conduit à écarter Caléo pose question aux yeux des syndicats. Classée quatrième par la commission de délégation de service public avant même d’avoir pu défendre pleinement son dossier, l’entreprise locale (qui s’est seule positionnée pour la distribution du gaz) a vu son accès à la phase de négociation lui être refusé, au profit de trois grands groupes nationaux, Véolia, Suez et Saur.

Pour Guillaume Bedu et les représentants des salariés, cette éviction « injustifiable » menace 14 emplois locaux et écarte un acteur ancré sur le territoire, reconnu pour son service de proximité et sa réactivité.

Au-delà de la question sociale, les soutiens de Caléo dénoncent aussi un manque de transparence et d’équité dans la grille d’évaluation retenue par la collectivité, s’inquiétant de voir la logique de proximité remplacée par une gestion lointaine, déconnectée des réalités du quotidien des usagers.

Quelle suite ?

Face à la rigidité de l’exécutif communautaire, la stratégie syndicale s’oriente désormais vers une mobilisation citoyenne durable et la recherche d’un débat public élargi.

« On va continuer à se mobiliser », affirme Guillaume Bedu, qui espère une reprise en nombre dès septembre. La pétition en ligne contre la suppression des services de proximité a recueilli plus de 850 signataires et les élus opposés à l’éviction de l’entreprise locale ne cachent plus leur volonté d’obtenir une réévaluation du dossier.

En dépit du blocage actuel, le bras de fer autour de la gestion publique de l’eau n’est donc pas terminé à Guebwiller. Les mois à venir s’annoncent décisifs pour l’avenir du service local de l’eau et pour tous ses salariés de Caléo.

Contacté, Marcello Rotolo, président de la communauté de commune, n’a pas pu être joint.

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