Crédit photos : Martin Wilhelm

C’est sous l’égide d’une appellation fruitière (la pastèque), que le collectif Palestine 68, constitué du Collectif citoyen Mulhouse, de l’Association France Palestine solidarité Alsace, du Nouveau parti anticapitaliste, de la Ligue des droits de l’homme, de la CGT et de BDS 68, invitait militants et citoyens de passage, à un buffet convivial au sein du parc Steinbach.

Entre friandises et le cucurbitacée rouge, vert et noir (fruit aux couleurs de la Palestine, d’où la formule « Pastèque ta ville »), près d’une centaine de personnes aura pu échanger et se livrer à quelques exercices créatifs, en ce samedi 26 juillet à partir de 17 heures, en plein coeur de Mulhouse.

En filigrane, il fallait également y voir un pied de nez aux autorités, quand des communes arborant le drapeau palestinien avaient été sommées par des préfectures de les retirer, l’étendard ayant même été interdit sur les voies publiques.

Ainsi :

  • En juin 2025, le maire de Chalon-sur-Saône a pris un arrêté interdisant l’usage « ostentatoire » et la vente de drapeaux palestiniens dans l’espace public à la suite de débordements lors de célébrations sportives. Cette mesure a été temporairement appliquée, mais vite suspendue par le tribunal administratif de Dijon, qui a jugé l’interdiction disproportionnée et portant atteinte à la liberté d’expression et d’entreprendre.
  • A la même date, la préfecture de Seine-Saint-Denis a demandé à la mairie de Saint-Denis de retirer un drapeau palestinien hissé en façade, estimant que le geste était contraire à la neutralité du service public. Des situations similaires sont survenues ailleurs, comme à Nice concernant le drapeau israélien.
  • À Mandelieu-la-Napoule, en octobre 2024, un arrêté municipal interdisant tous drapeaux liés au conflit israélo-palestinien (dont le drapeau palestinien) a été suspendu par le tribunal administratif de Nice, car jugé disproportionné et portant une atteinte grave à la liberté d’expression, en l’absence de trouble avéré à l’ordre public.

Plus largement, la jurisprudence administrative insiste sur la nécessité que l’interdiction soit strictement justifiée par un risque réel de trouble à l’ordre public et qu’une interdiction générale et absolue est illégale. Le drapeau palestinien, en tant que tel, ne constitue pas une incitation à des troubles (sauf usage circonstancié à des fins de trouble manifestement constatées), ce que les représentants de l’État ne cessent de dénier.

Un lâcher de ballon a eu lieu en fin de rassemblement par les enfants, présents en nombre lors de cette manifestation, comme une manière de faire lien avec une situation qui s’enlise, voire pire, alors que des situations de famine sont à nouveau signalées à Gaza…

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a annoncé la prochaine reconnaissance de l’État de Palestine d’ici septembre. En espérant que la promesse ne viendra pas abonder le catalogue des vœux pieux, dont cette présidence est hélas coutumière.