Crédit photos : Martin Wilhelm
Samedi 7 mars 2026, Mulhouse a vibré au rythme de la Journée internationale des droits des femmes, marquée par une manifestation dynamique initiée à partir de 14h30. Des militantes ont défilé pour dénoncer les inégalités persistantes et affirmer leur solidarité internationale.
Contexte de la mobilisation
La marche, organisée par le Collectif féministe du 68, la FSU, la CGT, la Ligue des droits de l’homme, l’Association culturelle kurde, le collectif Palestine 68, et Attac, notamment, a réuni jusqu’à 500 participantes (et participants) venues exprimer leur engagement féministe et leur solidarité aux mouvements internationaux de défense des droits des femmes. On remarquait également une forte présence des femmes kurdes, qui ont rendu hommage aux combattantes du Rojava.
Elles ont critiqué les politiques locales et nationales perçues comme régressives, notamment celles menées dans des villes dirigées par l’extrême droite, où les subventions aux associations féministes et familiales ont notoirement diminué.
Les oratrices ont aussi évoqué la lutte pour les droits des femmes en Iran, Palestine, Liban et Congo, rejetant toute préférence nationale au nom d’une sororité globale.
Tensions et affrontements
La cortège a connu des moments de tension avec un petit groupe de militants d’extrême-droite qui a entravé le passage sur la voie publique à l’angle de la rue de la justice et de la place des Victoires, où une halte de 10 minutes a eu lieu.
Malgré les vifs échanges et noms d’oiseaux lancés de part et d’autre, incluant des slogans contre le Rassemblement National et Éric Zemmour qualifié d’extrême droite sexiste, les participantes ont maintenu leur détermination pour se réapproprier l’espace public.
La police est intervenue en faisant barrage afin de permettre la continuité du rassemblement, transformant la place en symbole de persistance féministe.
Réaction d’Emmanuel Taffarelli et enquête du parquet
Emmanuel Taffarelli, candidat aux municipales 2026 de Mulhouse pour le parti Reconquête d’Eric Zemmour, présent en compagnie d’une dizaine de personnes, pour la plupart issus de l’Action française, a réagi ainsi auprès de notre journaliste venu l’interroger sur ses motivations :
« Nous sommes présents pour le 8 mars et la journée internationale des droits de la femme. Nous sommes sur la voie publique, et comme vous pouvez le voir, les vrais antidémocrates sont là devant. Ils nous refusent le passage. On est une dizaine, et apparemment on les gêne pour pouvoir manifester. Nous nous sommes sur la voie publique on a tout fait le droit d’être là, eux aussi, voilà, mais nous nous restons là ! ».
Les policiers ont effectué des palpations de sécurité sur des provocateurs d’extrême-droite très agités. On a également appris que le parquet de Mulhouse a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire des chefs d’apologie de crimes contre l’humanité et de provocation à la haine raciale. Des gestes apparentés à des saluts nazis ont été aperçus, comme semble le montrer notre photographe dans la galerie photo disponible ci-dessous.
La manifestation s’est poursuivie sans autre heurt avec une halte au parc Steinbach où eurent lieu des prises de paroles, puis les manifestant-e-s sont reparti-e-s vers la place des Victoires en se dispersant dans le calme.












































