À quelques jours du premier tour des élections municipales, une manifestation s’est tenue à Mulhouse le samedi 7 mars 2026 pour défendre un accueil digne et inconditionnel des personnes exilées.
Cet événement, qui a rassemblé citoyens et acteurs associatifs autour du Collectif Urgence Welcome et du CCFD-Terre Solidaire, tels la Ligue des droits de l’homme (LDH), Alternatiba et Attac, a été l’occasion de rappeler les marges de manœuvre des pouvoirs locaux face aux politiques migratoires nationales.
Une alternative au discours national
Jacques Muller, représentant du CCFD-Terre Solidaire, a justifié ce combat par opposition au climat politique actuel, affirmant vouloir « faire barrage à ce discours de merde qui envenime le débat public aujourd’hui ».
Il a conclu en rappelant que des synthèses de propositions pratiques sont d’ores et déjà à la disposition des élus locaux pour les aider à mettre en œuvre cet accueil dès leur prise de fonction. Assurant que « l’accueil digne des migrants, inconditionnel, est possible, et ça fonctionne ».
Cette réussite s’observe à l’échelle locale grâce à l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants (ANVITA), qui regroupe 90 collectivités territoriales démontrant qu’une autre politique est viable.
Pallier les carences de l’État et savoir accueillir
Les associations dénoncent une dégradation volontaire de l’accès aux droits de la part du gouvernement, aggravée par la circulaire de janvier 2025 qui allonge l’attente de régularisation à sept ans. Jacques Muller a fustigé cette situation en déclarant : « On ne laisse pas les associations porter à bout de bras une situation que les pouvoirs publics laissent se détériorer ». Qualifiant ces dysfonctionnements de « carences organisées », il s’interroge publiquement sur l’existence « d’objectifs d’OQTF à atteindre ».
Pour contrecarrer ces politiques restrictives, le réseau ANVITA déploie une stratégie autour de l’accès inconditionnel aux droits juridiques, au logement et à la scolarisation.
Selon Jacques Muller, l’implication d’une mairie change la donne : « À partir du moment où des communes commencent à s’engager aux côtés des associations pour faire valoir le droit, ça facilite quand même l’accueil pour ces personnes ».
Ces municipalités agissent concrètement en ouvrant des guichets d’accueil, en soutenant des boutiques solidaires, ou en délivrant des cartes de citoyenneté locale qui offrent un accès gratuit aux services publics.
« L’antifascisme : ce n’est pas seulement un programme, mais une éthique qui consiste à défendre tout ce que les fascistes détestent ».
Michel Feher
Un plaidoyer pour sensibiliser à la capacité d’action locale
La tribune diffusée lors du rassemblement appelle les futurs élus locaux à utiliser le droit comme ressource politique et à s’appuyer sur leur Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) pour instaurer des tarifications solidaires.
Les signataires exigent également une politique de logement ambitieuse passant par la mise à disposition du parc municipal, la lutte contre la vacance et les réquisitions.
Bien que les organisateurs n’aient pas démarché individuellement les listes, plusieurs candidats comme Loïc Minéry (« Mulhouse en commun »/gauche), Eliot Gafanesch (La France Insoumise) et Frédéric Marquet (indépendant), étaient présents dans le cortège afin d’entendre ces revendications.
A noter que Frédéric Marquet est venu déployer un ruban jaune long de plusieurs dizaines de mètres, entre la place de la Réunion et la rue du Sauvage, sur lequel figurait des messages positifs, dont on a pas bien compris s’il s’agissait d’une action répondant au contenu de la manifestation.
L’objectif de cette mobilisation citoyenne dépasse la simple interpellation électorale pour s’inscrire dans une véritable bataille culturelle.
Ainsi que le définit le philosophe Michel Feher dans un récent échange sur Médiapart : « L’antifascisme [dont l’antiracisme fait partie] ce n’est pas seulement un programme, mais une éthique, qui consiste à défendre… tout ce que les fascistes détestent !« .






























