Hier à Mulhouse, des enseignants ont participé à une grève nationale contre les suppressions de postes et les choix budgétaires du gouvernement, avec un rassemblement à 10h30 sur le Square de la Bourse.
Cette mobilisation, relayée par la presse régionale alsacienne, mais dont l’information ne nous est malheureusement pas parvenue, s’inscrivait dans une semaine d’actions intersyndicales du 30 mars au 3 avril.
Contexte de la grève
Les syndicats FSU, UNSA Éducation, CFDT, CGT Éduc’Action et SUD Éducation dénoncent un budget 2026 asphyxiant pour l’Éducation nationale, avec des milliers de suppressions d’emplois dans le primaire et le secondaire. Dans le Haut-Rhin, cela se traduit par une dotation négative de 27 postes au primaire et 12 au secondaire, entraînant des fermetures de classes malgré une baisse démographique.
À Mulhouse et en Alsace
Le rendez-vous mulhousien a réuni enseignants et personnels pour protester contre la dégradation des conditions de travail, l’épuisement professionnel et le manque de moyens pour l’inclusion scolaire ou la santé mentale des élèves. Un cortège similaire était prévu à Strasbourg à 14h place de la Bourse, soulignant l’ampleur régionale de la grogne.
Les grévistes exigent des créations de postes, une réduction des effectifs par classe, des revalorisations salariales et un vrai plan pour l’école inclusive. Ils alertent sur une perte de sens dans les métiers et appellent à faire de l’Éducation une priorité budgétaire pour 2027.
Signal d’alarme au collège Bel-Air
Au collège Bel-Air de Mulhouse, un communiqué intersyndical alerte par ailleurs sur un climat délétère et une souffrance au travail ignorée par la hiérarchie, malgré des incidents graves, des arrêts maladie répétés et des alertes remontées depuis novembre 2025.
Les syndicats dénoncent une violence institutionnelle qui minimise les risques psychosociaux et refuse des mesures comme le reclassement en REP+, réclamant une évaluation indépendante et un vrai soutien aux équipes.
Expressions inédites contre l’institution
Dans un article de la presse quotidienne régionale, L’Alsace rapporte l’expression de souffrances ouvertement exprimées par quelques personnels contre un management autoritaire et brutal (est notamment cité le DASEN), une « administration qui a la toute-puissance aujourd’hui et qui nous fait souffrir chaque jour« , les fermetures de classe (par exemple aux Côteaux), qui se traduisent par des classes surchargées, l’insuffisance chronique de personnels AESH pour accompagner les élèves handicapées, alors même que l’inclusion prônée par l’Éducation nationale place l’ensemble de la communauté éducative dans l’impuissance et la colère…
Cette manifestation d’exaspération et d’épuisement demeure assez inédite dans un milieu professionnel où les souffrances au travail ont du mal à percer, car les personnels, très majoritairement féminins dans le 1er degré, endurent souvent dans le silence et la solitude des situations humaines extrêmement éprouvantes, au point de penser renoncer à leur carrière et engagement pédagogique.
En France, le nombre d’enseignants démissionnaires du public reste faible mais en hausse constante depuis 2017. Les données les plus récentes indiquent environ 2 859 démissions pour l’année scolaire 2023-2024, représentant 0,3% des effectifs enseignants.
| Année scolaire | Départs volontaires totaux | Taux (%) |
|---|---|---|
| 2008-2009 | 364 | 0,05 |
| 2017-2018 | 1 417 | 0,20 |
| 2021-2022 | 2 836 | 0,40 |
| 2023-2024 | ~2 859 (démissions) | 0,30 |
Les stagiaires sont les plus touchés : 4% ont démissionné en 2023-2024 (contre 0,9% en 2008), soit environ 780 en 2021-2022. Cette tendance reflète une crise de vocation précoce…















