Crédit photo : Martin Wilhelm

À l’initiative du comité alsacien des Soulèvements de la Terre et du collectif Résistance de la Terre 68, la troisième édition du Convoi de l’eau prendra le départ ce samedi 23 mai depuis Mulhouse. Un périple militant à coup de pédales pour alerter sur l’urgence climatique et la protection de la nappe phréatique d’Alsace.

C’est un rendez-vous qui s’ancre désormais dans le paysage des luttes écologiques locales. Ce samedi 23 mai, à 9 h précises, une quarantaine de cyclistes s’élanceront de Mulhouse pour un périple de trois jours à travers la région.

Ce « Convoi de l’eau », troisième du nom, entend bien poursuivre le travail de sensibilisation amorcé lors des précédentes éditions auprès des citoyens et des élus locaux. L’organisatrice Cécile Germain-Ecuer est aussi conseillère régionale Grand Est.

L’urgence de protéger l’or bleu alsacien

Ainsi que déjà recensé dans nos colonnes, ce convoi n’est pas une simple randonnée cycliste. Il s’agit d’un vecteur politique de sensibilisation aux thématiques de l’eau.

Le cortège veut en effet sonner l’alarme face aux menaces qui pèsent sur la nappe phréatique rhénane, l’une des plus grandes réserves d’eau douce d’Europe, régulièrement menacée par les pollutions industrielles, les projets d’accaparement, et le spectre persistant du stockage des déchets toxiques de Stocamine à Wittelsheim.

Pour les organisateurs, issus des Soulèvements de la Terre et de Résistance de la Terre 68, l’objectif est clair : interpeller directement la population et les décideurs sur la nécessité d’un partage démocratique et d’une préservation stricte de cette ressource vitale.

Dans les pas de l’édition 2025

Ce nouveau départ s’inscrit dans la lignée directe de la deuxième édition qui s’était tenue en juin 2025. À l’époque, le convoi avait rallié Mulhouse à Strasbourg, achevant sa course au pied des institutions européennes pour lier les problématiques locales aux grandes décisions communautaires.

Cette année encore, le cortège combinera la radicalité des revendications et la convivialité du voyage à vélo. Durant trois jours, les militants sillonneront les routes alsaciennes, ponctuant leur trajet de haltes thématiques, de débats et de moments d’échanges avec les habitants des communes traversées.

Un nouveau format

Pour autant, les organisateurs ont voulu renouveler la formule : finies les grandes conférences classiques. L’édition 2026 mise sur des world cafés (discussions en petits groupes), des jeux de rôle et des rencontres de terrain avec des acteurs locaux (agriculteurs, vignerons, associations).

L’idée, étant de rendre la sensibilisation plus interactive et montrer concrètement les alternatives. Cette année, le convoi aura un défilé de poissons comme costume visuel — pour interpeller et renforcer l’impact auprès des passants.

Participation

Pour participer, une somme de 50 euros est demandée, avec la possibilité d’un tarif solidaire (le convoi prend en charge l’hébergement chez l’habitant et les repas). Une kermesse a d’ailleurs été organisée le 9 mai pour aider à financer l’événement, qui a permis de récolter 960 € pour boucler le budget.

Les thématiques restent les mêmes que les années précédentes : Stocamine (le dossier reste brûlant avec le risque de pollution de la nappe phréatique), les PFAS, l’impact de l’industrie sur l’eau, et la gestion démocratique de la ressource. Une quarantaine de participant-e-s est attendue.

Informations pratiques :

  • Quoi : 3e Convoi de l’eau Alsace
  • Quand : Départ le samedi 23 mai à 9 h (périple de 3 jours jusqu’au lundi 25 mai)
  • Où : Départ de Mulhouse

Le parcours est une boucle : Mulhouse → Bâle → Biederthal → Oberlarg → Altenach → retour à Mulhouse.

Samedi 23 mai : départ de Mulhouse (place de la Réunion) à 9 h, vers Bâle. Le lendemain, départ de Bâle vers la ferme Fernex à Biederthal puis arrivée à la ferme florale de Morimont à Oberlarg. Lundi, départ d’Oberlarg vers Altenach.