Crédit photos : Martin Wilhelm

En dépit des pluies orageuses, une soixantaine de personnes ont répondu, ce mercredi 15 juillet 2026 en fin d’après-midi, à l’appel du Collectif citoyen Mulhouse pour un nouveau rassemblement de soutien au peuple palestinien, organisé devant le square De-Gaulle.

Cette mobilisation intervenait au lendemain d’un rassemblement similaire tenu à Belfort, dans le cadre d’une journée d’action mondiale appelant à la libération du médecin pédiatre Hussam Abu Safiya.

Les organisateurs ont expliqué avoir subi un refus des autorités préfectorales pour manifester en centre-ville, une décision qu’ils décrivent comme une volonté de « les invisibiliser au maximum ».

Faute d’autorisation pour défiler dans les rues, le collectif s’est vu accorder un simple rassemblement statique devant la préfecture, jugé « mieux que rien » car l’endroit reste fréquenté par des familles et des usagers se rendant à la gare. Malgré le gros temps, les participants ont maintenu leur présence, affirmant vouloir « continuer le combat » car « rien n’est gagné ».

Quiz ironique sur le conflit israélo-palestinien

Un temps fort de l’événement a pris la forme d’un jeu-questionnaire ironique interrogeant le public sur des faits liés au conflit : le partage territorial de 1947, la réduction du territoire palestinien à environ 9% de sa surface initiale, l’absence de frontières reconnues par Israël, ou encore l’âge de responsabilité pénale différencié entre enfants palestiniens (12 ans) et israéliens (14 ans). Les intervenants y évoquaient également la légalisation de pratiques de « pression physique modérée » depuis 1999, ainsi que la situation des chrétiens et druzes palestiniens.

Hommage au docteur Abu Safiya et à Esraa

Une intervenante a rendu hommage au docteur Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l‘hôpital Kamal Adwan dans le nord de Gaza, décrit comme ayant perdu plus de 35 kilos en détention.

Arrêté le 27 décembre 2024 après avoir refusé d’évacuer son établissement, il est depuis détenu sans inculpation ni procès à la prison de Rakafet, où son avocat a rapporté des actes de torture lors d’une visite le 2 juillet 2026.

La Commission d’enquête de l’ONU et Amnesty International ont demandé sa libération immédiate début juillet 2026. Outre une pétition ayant recueilli plus de 875 000 signatures dans le monde. Le public mulhousien a été invité à signer cette pétition et à interpeller les autorités.

Le rassemblement a aussi mis en avant le « Journal d’Esraa », récit d’une étudiante en médecine de Gaza vendu au profit de sa famille et de projets communautaires dans son camp de déplacés, dont la remise en état d’un four collectif. Une lectrice a partagé un extrait intitulé « Enfants sous les bombardements », évoquant les traumatismes psychologiques des enfants pris dans le conflit.

Poème et mise en garde contre les lois sécuritaires

Fadela, du Collectif citoyen Mulhouse, a lu un poème dénonçant l’oubli et l’indifférence médiatique face à la situation à Gaza. Une autre prise de parole a établi un parallèle avec la multiplication des lois sécuritaires en France sous les gouvernements Macron-Darmanin, citant le projet de loi sur la sécurité globale, et appelant les citoyens à la vigilance démocratique dans la perspective des prochaines échéances électorales.