Un secrétaire de mairie, une conseillère conjugale et familiale, et même un officier de police ! De respectables retraités, tous trois opposés à l’édification par la société Vinci, ogre vorace des métiers de la construction et de la concession, du contournement autoroutier de Strasbourg (GCO). Le fait de l’afficher sur un pont leur vaudra de comparaitre le 14 octobre à 8h30 devant le tribunal de grande instance de Strasbourg.

Marcel Kuhn, Elisabeth Dupeux et Patrick Oudart étaient signataires d’une déclaration de manifester déposée le 25 Avril 2019 auprès de la Mairie de Mundolsheim. Celle-ci la déclarera interdite par arrêté le 24 avril au soir.

L’action militante consistait à déployer des banderoles sur le pont de la départementale 263 enjambant l’A35 avant Souffelweyersheim, afin d’avertir les automobilistes du danger d’une augmentation massive de la circulation de camions sur l’A35 dans tout le couloir alsacien, dans la perspective de l’ouverture du GCO.

Jeudi 25 Avril 2019, à 7h du matin, une douzaine de manifestants se retrouvaient alors sur le pont situé sur l’A35. Les gendarmes arrivés sur place sommèrent les manifestants d’évacuer le pont. Ce qu’ils firent, tandis que les déclarants de la manifestation étaient entendus en gendarmerie de Mundolsheim.

On apprendra plus tard que le Procureur de la République considéra qu’il était indispensable de poursuivre les dangereux banderoleurs en chef.

L’arrêté d’interdiction municipal à l’appui duquel survint cet effarant zèle judiciaire, invoquait, sans rire, un risque de gêne à la circulation sur la route départementale et « une atteinte à la vigilance des automobilistes de l’A35 en détournant leur vigilance au volant » !

Et dire qu’on laisse encore les militants antinucléaires agir impunément en usant du même mode opératoire à Mulhouse, ainsi que nous le relations il y a quelques jours, au risque de provoquer une cécité soudaine des automobilistes, découvrant, éberlués, que le nucléaire comporte également son lot de risques industriels, de déchets ultimes et de destruction terminale de toute forme de vie !

Une interdiction similaire contre les militants anti-GCO a été signifiée le même jour à Vendenheim. Mais les organisateurs de Mundolsheim considéraient que l’action ne pouvait plus être entravée, compte tenu l’opposition tardive de la mairie, laquelle décision se trouvait juridiquement contestable, selon l’organisation.

22 autres opérations du même type ont eu lieu le long de ces derniers mois, sans opposition de la part des municipalités concernées (à l’exception de Souffelweyersheim en mars 2018), entre Strasbourg et Mulhouse.

Pour en savoir plus sur le GCO, voyez par exemple la fiche Wikipédia.