C’est dans la plus grande discrétion que « Pépère », ainsi que le surnomme « Le canard enchainé », ou « Guimauve le conquérant », selon ses ex-amis perfides de la rue de Solférino, est venu vendredi matin dans une école primaire de Mulhouse, éprouver ses talents de conteur pour la jeunesse.

En effet, un projet de livre « documentaire », ainsi que l’on nomme la catégorie « essai » dans le secteur jeunesse, qui serait intitulé « Comprendre notre démocratie » [NDLR Hélas, c’est pire, comme L’Alsace nous en informe ce dimanche: “Leur République expliquée aux jeunes et aux moins jeunes”] est en gestation molle auprès d’un éditeur, dont « le pingouin » (sobriquet attribué par Carla Bruni, et inspiré de son portrait officiel de Président, les bras ballants) serait l’auteur, en l’heureuse compagnie d’un illustrateur.

La tournée risque cependant de perdurer, car le concept n’est pas encore achevé, et reste susceptible de bedonner au moins autant que son auteur. Et il faudra plus que le passage dans une classe de CM2 à l’école Haut-Poirier, cornaqué en cela par le JDE (« Le journal des enfants »), une production du Crédit Mutuel (notre banquier propriétaire du double journal unique alsacien préféré), pour y parvenir.

Mais non content de refourguer sa camelote faisandée à deux balles, encore fallut-il que l’« ennemi de la finance » sût de quoi il jacta.

Notamment en matière de démocratie sociale. Plutôt que de sa base électorale constituée d’enseignants (au premier chef), d’ouvriers et employés qui comptaient sur lui pour démettre l’ordolibéralisme allemand de vigueur dans les traités européens, ou le règne aveugle de l’économie financiarisée et du néolibéralisme, au nom de la justice sociale et du service public, il choisit plutôt de s’appuyer sur le Medef.

D’abord pour construire une politique économique fondée sur la baisse des cotisations patronales, avec le pacte de compétitivité en 2012, puis le pacte de responsabilité en 2014, pour finir par servir de gros dindon de la farce patronale, et son « million d’emplois » promis par le patron du Medef d’alors, Pierre Gattaz. L’OFCE repère au maximum 240 000 créations nettes sur 5 ans, avec 40 milliards d’euros de coût annuel pour le pacte et le CICE. Un chiffre de dépense publique exorbitant ramené à l’emploi créé !

Le gouvernement actuel, qui vient précisément de pérenniser le dispositif fiscal, ne voulait-il pas supprimer les emplois aidés ?

Mais que dire de son chef-d’œuvre toutes catégories confondues, son apothéose, son Everest politique, à savoir la réforme du Code du travail portée par Myriam El Khomri (et conduite de fait par Emmanuel Macron), laquelle aura sans aucun doute permis d’instaurer définitivement la confiance des partenaires sociaux et des citoyens en la social-démocratie, tant elle fut un modèle de concertation et de démocratie en acte… via l’article 49-3 de la Constitution.

Non, vraiment, il ne saurait y avoir de meilleur thuriféraire de la démocratie, ni de plus vaste panégyrique de la transformation sociale à rebours, que ceux présents dans le bilan de notre « capitaine de pédalo » (saillie de l’ignoble Mélenchon).

A défaut de pipeauter son monde tel le joueur de flûte de Hamelin, on comprendra mieux pourquoi l’intéressé se tourne aujourd’hui vers un public d’enfants des classes primaires : il ne reste vraiment qu’eux pour vouloir souffler dans sa baudruche démocratique.  

On apprend par ailleurs dans L’Alsace-DNA du dimanche 9 février que: “Cet évènement littéraire sera raconté mardi dans une page partagée dans les différents titres de la presse quotidienne régionale du groupe EBRA“. Soit 9 journaux ! Ouf, nous voilà rassurés. Et dire que nous étions persuadés que le groupe du Crédit Mutuel en ferait des tonnes…

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