Ascenseur pour l’échafaud médiatique et médical 

Les variants du coro­na­vi­rus occupent en ce moment l’es­pace média­tique, en un flot conti­nu, gros de menaces et d’an­goisses à l’a­dresse d’un public tour­ne­bou­lé par une année de flux infor­ma­tion­nel obses­sion­nel­le­ment ryth­mé par le cours mon­dial de l’é­pi­dé­mie, et l’illus­tra­tion conti­nue de ses effets mor­bides et mortifères. 

Une focale si gros­sis­sante qu’elle concourt à un état de sidé­ra­tion et de déses­poir décrit cli­ni­que­ment par les psy­chiatres, dans les­quels nombre de per­sonnes se sentent simul­ta­né­ment broyées et impuis­santes, depuis de nom­breux mois désormais. 

Le phé­no­mène de prise en étau s’accentuant encore par les décla­ra­tions intem­pes­tives et contra­dic­toires de spé­cia­listes de telle dis­ci­pline, aus­si­tôt démen­ties, ou rela­ti­vi­sées, par d’autres cor­po­ra­tions scientifiques. 

Cet ascen­seur émo­tion­nel, nour­ri par le carac­tère d’in­cer­ti­tude per­ma­nente, pro­voque par ailleurs de redou­tables effets psy­cho­so­ciaux sur les caté­go­ries de la popu­la­tion les plus per­méables au cli­mat et aux dis­cours anxiogènes. 

Par­mi eux, les étu­diants subissent tout par­ti­cu­liè­re­ment les effets de l’i­so­le­ment induits par la ces­sa­tion de toute forme de vie sociale et col­lec­tive. Leurs moyens maté­riels en pâtissent considérablement. 

Des asso­cia­tions d’é­tu­diant-es mul­hou­siens avaient d’ailleurs son­né l’a­lerte, en s’a­dres­sant dans une lettre ouverte à Emma­nuel Macron, pour faire état de leur détresse. Une situa­tion que nous avions relayé en rece­vant l’un de leurs porte-parole, afin de l’in­ter­ro­ger plus en détail. 

Tou­jours en matière d’ef­fets induits, le jour­nal L’Al­sace rela­tait récem­ment le cas sin­gu­lier de groupes d’enfants col­ma­riens, vic­times de malaises inex­pli­qués dans des écoles. Il appa­rait que le phé­no­mène relè­ve­raient d’un « syn­drome col­lec­tif inex­pli­qué », connu de la lit­té­ra­ture médicale. 

Une fois les liens de cau­sa­li­té épui­sés, la seule étio­lo­gie res­tante et pro­bable est le contexte social ten­du et anxio­gène, à pro­pos duquel les enfants sont par­ti­cu­liè­re­ment sensibles.

Ne comp­tons pas les effets col­la­té­raux (notam­ment éco­no­miques et sociaux), pro­lon­geant indé­fi­ni­ment le sup­plice de per­sonnes inca­pables de faire face phy­si­que­ment et men­ta­le­ment à une situa­tion durable de crise systémique. 

La caco­pho­nie géné­rale du monde tech­no-scien­ti­fique révèle au moins quelques habi­tus socio-pro­fes­sion­nels dont l’o­pi­nion publique n’a­vait jusqu’ici pas néces­sai­re­ment conscience, depuis l’ap­pa­ri­tion de ce virus « com­pa­rable à la peste noire de 1348″, selon les termes choi­sis par Jérôme Salo­mon, direc­teur géné­ral de San­té publique France, devant les audi­teurs d’une com­mis­sion d’en­quête parlementaire :

  • 1° la recherche est objet et affaire de contro­verses, d’in­vec­tives et de débats, quel­que­fois pas­sa­ble­ment houleux
  • 2° les idées nova­trices ou hété­ro­doxes sont sou­vent raillées par les pairs, avant d’être admises pour évi­dentes, à plus ou moins long terme
  • 3° l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique joue un rôle aus­si cen­tral que dis­pro­por­tion­né dans l’é­co­no­mie du médi­ca­ment, qui consti­tue pour­tant un bien d’in­té­rêt public. D’où sa capa­ci­té à orien­ter les recherches, déter­mi­ner les prio­ri­tés, entre­te­nir et ali­men­ter les liens et conflits d’in­té­rêt avec les pres­crip­teurs médi­caux dont elle rému­nère les ser­vices, et le poli­tique, auprès duquel elle para­site le rôle et les fonctions
  • 4° nombre de scien­ti­fiques cultivent des haines recuites basées sur de vieilles jalou­sies pro­fes­sion­nelles ou des frus­tra­tions tenaces
  • 5° un volant assez consi­dé­rable de ce dis­tin­gué par­terre n’a en véri­té pas la moindre idée de ce qui pour­rait se pas­ser dans les pro­chains temps, sauf à ver­ser dans un exer­cice de divi­na­tion apo­ca­lyp­tique, dis­po­si­tion qu’ont choi­si d’embrasser les pires par­mi les chro­ni­queurs médicaux 
  • 6° Étant aus­si pau­mé que le vul­gum pecus, le par­terre en ques­tion déploie tous les efforts du monde pour (ten­ter) de don­ner le change ou faire illu­sion, sauf à choir défi­ni­ti­ve­ment du pié­des­tal socié­tal où l’en­geance en blouse blanche a été pla­cée abu­si­ve­ment, d’au­tant qu’il lui prend pério­di­que­ment le loi­sir de cher­cher à se sub­sti­tuer au politique 

Une nette tendance à la redondance communicative

Du côté du gou­ver­ne­ment fran­çais, la stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion consiste mani­fes­te­ment à main­te­nir l’o­pi­nion à un haut niveau d’a­lerte et d’in­quié­tude, de sorte que le qui-vive et la sidé­ra­tion n’é­puisent jamais leurs béné­fices politiques. 

Pour un exé­cu­tif poli­tique, le pire est en effet tou­jours à venir. Il est même, lit­té­ra­le­ment, ave­nir. D’au­tant que cette dis­po­si­tion enra­cine le prin­cipe de l’é­tat d’ur­gence sani­taire, exor­bi­tant le cadre juri­dique du bloc consti­tu­tion­nel, par lequel l’exé­cu­tif dis­pose de tout levier pour agir comme il l’entend. 

Il est vrai que la situa­tion n’est pas très flo­ris­sante non plus ailleurs, par exemple chez les cou­sins ger­mains du Bade-Wur­tem­berg : les res­tric­tions (fer­me­tures des com­merces non essen­tiels mais pas de piquet à la fran­çaise à 1km de rayon pour se dépla­cer, et visite d’un étran­ger à la famille) sont pro­lon­gées jus­qu’au 7 mars, «compte tenu de l’in­cer­ti­tude concer­nant la pro­pa­ga­tion des variants du virus», déclare Ange­la Mer­kel. Cela alors que le niveau d’in­ci­dence est tom­bé à 60 en Alle­magne, alors qu’il est de 200 en France. 

depuis que les repré­sen­tants de l’es­pèce de scien­ti­fiques, dite « ras­su­riste », s’est éteinte, ou a été remi­sée aux oubliettes média­tiques, dans les­quelles sont ver­sées les mal­séants ayant abu­sé des bien­faits de la liber­té d’ex­pres­sion, nos chers confrères ne sau­raient prê­ter l’o­reille qu’aux sons de cloche uni­voques tin­tin­na­bu­lés par les tenants de la dis­ci­pline claus­trale sur pres­crip­tion médicale

Pour ce qui relève de la ten­dance média­tique, 2 pro­fes­sion­nels de la pro­fes­sion se dis­tinguent tout par­ti­cu­liè­re­ment.

L’un repré­sente la presse « gra­tuite » édi­tée par un groupe fran­co-belge (Ouest-France-Ros­sel), qui ne fait pas dans l’hu­mour mais la grasse publi­ci­té, c’est à dire 20 minutes, et l’autre, concentre le flot conti­nu du bavar­dage infor­ma­tion­nel, sti­pen­dié par le groupe Altice, et incar­nant une sorte de cala­mi­té jour­na­lis­tique post-moderne, qu’elle soit télé­vi­suelle ou numé­rique : BFM TV (et RMC TV), dont nous illus­trons plus bas quelques chefs d’euvres.

BFM TV mitraille la titraille anxio­gé­ni­sante avec un tem­po d’hor­lo­ger suisse. Le 11 février par exemple, alors que la situa­tion est au reflux dans les réani­ma­tions fran­çaises (on ver­ra que c’est à l’u­nis­son du monde), l’in­quié­tude gou­ver­ne­men­tale fait évi­dem­ment les gros titres, en rai­son de traces du variant afri­ca­no-bré­si­lien.

Au reste, à lire les titres consa­crés au covid depuis le mois de mars 2020, le sen­ti­ment de redon­dance cog­ni­tive (ou de jour sans fin) est assez sai­sis­sant. L’i­ner­tie de nos confrères à entre­te­nir des accroches jour­na­lis­tiques culti­vant la pétoche en cha­cun de nous, et ce fai­sant, le clic com­pul­sif sur le site de BFM, ne s’est pas relâ­ché d’un trait tout au long des der­nières saisons. 

Ce der­nier mois seule­ment, les titres du groupe (et quelques autres) alter­naient allè­gre­ment entre hyper­boles trau­ma­ti­santes, anti­phrases tech­no­cra­tiques, com­pa­rai­sons débiles, ou encore per­son­ni­fi­ca­tion satanique :

Et tout est bon pour en remettre une épais­seur. Le froid polaire est-il de retour ces der­niers jours sur la façade est ? Et aus­si­tôt le com­parse 20 minutes (mais BFM a titré de manière ana­logue) embrayait :

Source : « 20 minutes »

Même s’il n’en a rien été lors du pré­cé­dent épi­sode hiver­nal sur­ve­nu fin jan­vier (comme on le constate ci-des­sous), pour­quoi tem­pé­rer encore le plai­sir goû­tu d’une injec­tion addi­tion­nelle de flip ? 

Courbe linéaire du nombre de cas jour­na­liers en France (source : San­té Publique France)

Et depuis que les repré­sen­tants de l’es­pèce de scien­ti­fiques, dite « ras­su­riste », s’est éteinte, ou a été remi­sée aux oubliettes média­tiques, dans les­quelles sont ver­sées les mal­séants ayant abu­sé des bien­faits de la liber­té d’ex­pres­sion, nos chers confrères ne sau­raient prê­ter l’o­reille qu’aux sons de cloche uni­voques tin­tin­na­bu­lés par les tenants de la dis­ci­pline claus­trale sur pres­crip­tion médi­cale, qua­li­fiés, par d’obs­curs esprits cha­grins, d’  »alar­mistes ». De quoi atro­phier tout débat contra­dic­toire, si peu néces­saire en la matière… 

L’es­pèce des rela­ti­vistes-ras­su­ristes ira désor­mais peu­pler le pur­ga­toire, ou dégueu­loir, des pla­te­formes vidéos ou s’é­battent les éga­rés de la com­plo­sphère. L’é­poque est au prin­cipe de réten­tion des esprits. Car l’or­tho­doxie claus­trale n’a quant à elle jamais pro­fé­ré la moindre inep­tie depuis les débuts de la pan­dé­mie, comme on aura encore l’oc­ca­sion de le lire plus bas. 

L’appauvrissement des débats favo­ri­sant, au pas­sage, une pléiade d’effets per­vers, comme « l’ef­fet cli­quet », qui peut être défi­ni comme l’impossibilité de chan­ger d’avis en dépit de l’accumulation de résul­tats qui contre­disent une convic­tion ini­tiale. Cette irré­ver­si­bi­li­té s’explique plus aisé­ment que dans l’analyse des com­por­te­ments de consom­ma­tion car, cette fois, le refus de reve­nir en arrière a une cer­taine ratio­na­li­té. En effet, il ne s’agit pas seule­ment de chan­ger d’avis à la lumière d’informations nou­velles ; il s’agit aus­si de recon­naitre que l’erreur ini­tiale a pu avoir des consé­quences sur la vie humaine.

Quant à la « menace » indé­ter­mi­née (mais à quoi bon s’as­su­rer qu’elle ait un fon­de­ment), du variant anglais, elle semble avoir fait mouche sur l’or­tho­doxie scien­ti­fique, qui s’est empres­sée de deman­der le rejet des masques en tis­sus, deve­nus obso­lètes du jour au len­de­main, et de révi­ser les jauges d’en­trée dans les magasins. 

Alors que le variant sud-afri­ca­no-bré­si­lien sem­blait ne pas sus­ci­ter la même inquié­tude (sauf en Moselle !), ou encore l’es­pèce fri­bour­geoise, dont la car­rière a été écour­tée dans la fleur de l’âge, allez savoir pour­quoi. Des variants qui n’ont pour­tant rien de nou­veau ou de sin­gu­lier pour un virus ARN, à en croire le choeur des micro­bio­lo­gistes, qui évoquent ceux du coro­na­vi­rus… depuis jan­vier 2020 !

Pour autant, jus­qu’i­ci, rien n’est venu docu­men­ter un accrois­se­ment de la conta­gio­si­té en France. Alors même que le variant repré­sen­te­rait 40% des PCR retrou­vés selon un bio­lo­giste, le nombre de cas n’ex­plose pas.

A l’u­nis­son de nos experts médi­caux et de la presse grand public, même le maga­zine Femme actuelle pres­sen­tait une explo­sion des cas dès le 11 jan­vier. On crai­gnait alors une explo­sion résul­tante du com­por­te­ment irres­pon­sable des fran­çais-es au moment des fêtes de fin d’an­née. Le fait est que nos conci­toyens se révè­le­ront sages comme des images, et la courbe ne se rai­dit point. 

Mais c’est alors que la chaine d’in­for­ma­tion conti­nue LCI cou­pa court à tout espoir : il n’y aura pas d’ex­cep­tion fran­çaise ! On inter­roge Phi­lippe Amouyel, pro­fes­seur de san­té publique : « Chez nous, le variant bri­tan­nique est arri­vé plus tard. Main­te­nant qu’il est là, il va faire son petit che­min, sauf si nous pre­nons des mesures par­ti­cu­lières. Mais si on laisse cou­rir comme main­te­nant… »

Pour­tant les pro­jec­tions mathé­ma­tiques sont sou­vent prises en défaut. Et ce n’est pas une sur­prise, car un modèle de com­plexi­té dyna­mique est extrê­me­ment dif­fi­cile à réduire en quelques équa­tions et courbes. On confond sou­vent la com­pli­ca­tion qui peut-être modé­li­sée, même après de grandes dif­fi­cul­tés car on en connait les tenants et abou­tis­sants, et la com­plexi­té du vivant qui échappe sou­vent au réduc­tion­nisme des modèles. 

Et quand cela sur­vient, même Cathe­rine Hill, épi­dé­mio­lo­giste et bio­sta­tis­ti­cienne fran­çaise de renom, habi­tuée des pla­teaux télés sur LCI et BFM, est obli­gée de recon­naitre un défaut d’a­na­lyse, ain­si que le rap­porte Le Répu­bli­cain Lor­rain du same­di 13 février :

Outre cette notable excep­tion, les Cas­sandre en blouse blanche ne manquent pas. Le record­man toute caté­go­rie en la matière est sans doute le Pro­fes­seur Gilles Pial­loux (qui dis­pute le titre de meilleure figure média­tique à tête de slip, avec Jean-Fran­çois Del­fres­sy, pré­sident du conseil scien­ti­fique, et le géné­ti­cien Axel Kahn). Voi­ci un exemple de ses der­nières sor­ties, telles que ren­dues par nos iné­nar­rables confrères :

Le fait cepen­dant que le nombre de cas n’ex­plose pas (encore) en France (comme en Europe, à l’ex­cep­tion rela­tive du Por­tu­gal) por­te­rait-il notre pro­fes­seur à la pru­dence, et le dis­pen­se­rait-il d’en conclure que le pire est à venir, et qu’une nou­velle couche de claus­tra­tion avec piquet 1 km (à la fran­çaise, donc) ne parait pas indis­pen­sable (puis­qu’un confi­ne­ment noc­turne est déjà de vigueur) ? Certes non ! 

En matière de réflexes pav­lo­viens et de luci­di­té scien­ti­fique, la pous­sée est, là aus­si, incroyable, et cela vau­drait presque le très ins­pi­ré « virus intel­li­gent et dia­bo­lique » carac­té­ri­sé il y a peu par le Pro­fes­seur Del­fres­sy, évo­quant le Sars-cov2. 

Il est vrai qu’à force d’en­tendre rabâ­cher la néces­si­té impé­rieuse de se ter­rer pré­ven­ti­ve­ment, tels des ron­geurs à la vue d’un pré­da­teur, la popu­la­tion inté­rio­rise par défaut son carac­tère indispensable. 

Le 4 février, un son­dage Odoxa réa­li­sé pour Le Figa­ro et France info, indi­quait que « Six Fran­çais sur dix ne font pas confiance au gou­ver­ne­ment pour gérer la crise sani­taire et sept sur dix estiment inévi­table un nou­veau confi­ne­ment dans les pro­chains jours ».

Acces­soi­re­ment, plus de 7 Fran­çais sur 10 pensent que le gou­ver­ne­ment n’a pas pris les bonnes déci­sions au bon moment et qu’il ne leur dit pas la véri­té. Une défiance qui n’est pas nou­velle, mais qui se géné­ra­lise. A part les sym­pa­thi­sants LREM (89 % de confiance) et à la limite chez les classes sociales supé­rieures (51 %), toutes les caté­go­ries de Fran­çais sont défiantes.

Un gou­ver­ne­ment qui ne sou­haite pas plus énon­cer des véri­tés quelques peu embar­ras­santes, car elles vien­draient révé­ler un secret de poli­chi­nelle, à savoir que l’é­pi­dé­mie est essen­tiel­le­ment un phé­no­mène géria­trique. Or, non seule­ment plus de 90 % des décès du Covid-19 sur­viennent chez les plus de 65 ans (l’âge moyen des per­sonnes décé­dées est de 81 ans, l’âge médian est de 84 ans, soit plus que l’es­pé­rance de vie, selon les don­nées de San­té publique France). 

On peut encore le consta­ter en matière de pro­por­tion des décès par tranche d’âge, sachant que la sur­mor­ta­li­té a été de +9% en moyenne natio­nale pour 2020. Le détail y est expli­ci­té dans le tableau et les gra­phiques qui suivent, entre les + ou – de 65 ans, et les 65–75 ans, sur une période totale de 20 ans, soit depuis 2000 jusque 2020 (Base : don­nées de l’INSEE) :

Ne s’a­gi­rait-il pas plu­tôt de la peur que les liens de soli­da­ri­té inter­gé­né­ra­tion­nels se dis­ten­draient si une telle infor­ma­tion était expli­ci­tée ? Une manière de ren­voyer encore les plus ou moins jeunes à leur irres­pon­sa­bi­li­té native. 

Pour­tant, pro­té­ger davan­tage nos ainés et les malades chro­niques (par une mise à dis­po­si­tion gra­tuite de masques FFP2, notam­ment), ou en leur recom­man­dant de s’i­so­ler si néces­saire, moyen­nant des ser­vices à domi­cile pris en charge par la col­lec­ti­vi­té, relève de la pro­phy­laxie la plus élé­men­taire, et per­met­trait de ces­ser la dévas­ta­tion éco­no­mique et sociale qui menace. 

Cer­tains s’écrieront aus­si­tôt qu’une telle pers­pec­tive est incons­ti­tu­tion­nelle. Ah, et le pié­ti­ne­ment indis­cri­mi­né, auto­ri­taire et infan­ti­li­sant des droits et liber­tés élé­men­taires, depuis une année entière, le serait-il davantage ? 

Le débat sur « le coup d’État d’urgence » que nous subis­sons depuis des années (pour motif anti­ter­ro­riste puis sani­taire) s’annonce redou­table, mais il nous fau­dra pour­tant col­lec­ti­ve­ment l’af­fron­ter. Ses enjeux sont d’ailleurs expo­sés avec talent par l’a­vo­cat Arié Ali­mi, dans son ouvrage épo­nyme, paru aux édi­tions du Seuil, et dont nous pré­pa­rons une recension. 

Quant au fait de pri­vi­lé­gier les vac­cins, expé­ri­men­taux, à ARN mes­sa­ger, pour les plus de 65 ans, ne pose­rait-il aucun pro­blème de droit et d’éthique ?

Magnitude virale

On vous a réser­vé la moins média­ti­sée des infor­ma­tions pour la fin. Un fait qui pour­tant per­dure déjà depuis quelques semaines, et que Cathe­rine Hill, cité pré­cé­dem­ment, a semble-t-il négligé. 

Convien­drait-il de ne pas l’é­brui­ter, tant cela occa­sion­ne­rait de bugs dans la struc­ture nar­ra­tive de nos amis jour­na­listes ? La dévoi­ler serait-elle la marque indé­lé­bile d’une conspi­ra­tion trum­pienne à laquelle nous nous ral­lie­rions en dépit de notre plein gré ? 

Quoi qu’il en soit, en voi­ci la ter­rible illustration :

Source : https://coronavirus.politologue.com

On eut dit un tra­cé sis­mique. Dans toutes ses phases, depuis sa boucle géné­sique, son apo­gée jus­qu’à la fin du cycle érup­tif. Il ne s’agit que de la courbe des cas de covid+ à tra­vers le monde au 11 février 2021 !

Et cette courbe chute ver­ti­gi­neu­se­ment. Ain­si que cela n’est encore jamais sur­ve­nu depuis les débuts de l’é­pi­dé­mie. Une baisse de 17 % des nou­veaux cas, par rap­port à la semaine pré­cé­dente, selon l’OMS. Soit 40 % de nou­veaux cas posi­tifs par jour en moins que début jan­vier, selon Le Pari­sien.

Avec tous ses variants, ses mil­liers de muta­tions, notre virus aurait-il mys­té­rieu­se­ment réso­lu de se faire la malle, avant même le déploie­ment de notre tech­no­lo­gie vaccinale ? 

C’est pos­sible, ou pas ! L’incertitude semble hélas la seule bous­sole de vigueur. Mais pour les for­çats de la claus­tra­tion en blouse blanche, on ne sau­rait souf­frir tel scé­na­rio. C’est même l’é­vi­dence : devant le drame de cette courbe rétro­grade, il s’agirait de se confi­ner d’autant plus fort, afin d’an­ti­ci­per une remon­tée pou­vant trai­treu­se­ment sur­ve­nir à la faveur d’un variant ber­ri­chon, limou­sin, voire alsacien… 

D’ailleurs France24 a pris la peine de remettre une pièce dans le flip­per de l’an­goisse, en se deman­dant s’il ne s’a­gis­sait pas d’un phé­no­mène en trompe l’oeil. Par­mi les bonnes phrases, on peut y lire la cita­tion d’un viro­logue : « Ce n’est cer­tai­ne­ment pas une mau­vaise nou­velle, mais encore faut-il savoir à quel point elle est bonne » !

Un autre osant même affir­mer à pro­pos de la chute des nou­velles conta­mi­na­tions depuis jan­vier, qu’elle lui « semble être le résul­tat direct des mesures sani­taires plus strictes prises par le nou­veau pré­sident amé­ri­cain Joe Biden », en place depuis 3 semaines ! 

Encore plus cli­ni­que­ment révé­la­teur du tapis méca­nique sur lequel s’est lais­sée empor­ter la nar­ra­tion jour­na­lis­tique : « Pour­tant, entre l’apparition de nou­veaux variants plus conta­gieux, les déboires des cam­pagnes de vac­ci­na­tion en Europe, les vifs débats sur la néces­si­té ou non d’instaurer un nou­veau confi­ne­ment « dur » pour stop­per la pro­pa­ga­tion du Sars-CoV‑2, le cli­mat actuel donne plu­tôt l’impression d’une épi­dé­mie plus viru­lente que jamais ».

La peur est en effet une impres­sion tenace. Elle va per­du­rer bien au-delà de la dyna­mique virale. Elle va se cram­pon­ner à nous, et per­ver­tir jus­qu’aux plus élé­men­taires des échanges sociaux. De quoi ali­men­ter sans doute de nom­breux faits divers et autres tri­bunes faus­se­ment indi­gnées, dépei­gnant la bar­ba­rie de notre temps. Une bar­ba­rie à laquelle les réflexes gré­gaires et l’es­prit de per­ro­quet si propre à la pro­fes­sion jour­na­lis­tique ne sera pas étrangère. 

Alors, nous en sor­ti­rons-nous un jour, à force de cloi­trer nos corps et âmes, au risque de trans­for­mer ce qu’il reste d’es­prit en légu­mi­neuses ? BFM TV, ses clones, et ses chro­ni­queurs médi­caux, semblent déjà ter­ro­ri­sés à la pers­pec­tive de devoir répondre, un jour, à cette question…

Mer­ci de sou­te­nir notre média, et notam­ment nos nou­velles édi­tions papier. Ren­dez-vous ici, ou .