Adrien Ante­nen, indus­triel suisse du recy­clage, PDG de la socié­té « Cycla­men » attaque notre jour­nal, allé­guant un carac­tère dif­fa­ma­toire à la publi­ca­tion de l’un de nos articles.

Nous avions en effet publié en avril, mai et juin 2019, trois articles rela­tifs à sa ten­ta­tive d’implantation d’une usine de recy­clage de métaux au sein de la com­mune de Mal­mers­pach, située dans la val­lée de la Thur, entre Saint Ama­rin et Thann. 

Une ten­ta­tive qui pour lui s’était sol­dée par un cui­sant échec, à la suite d’une excep­tion­nelle mobi­li­sa­tion de la popu­la­tion, en lien avec les asso­cia­tions Thur éco­lo­gie & trans­ports et Alsace Nature. Et en dépit d’un indé­fec­tible et tou­chant sou­tien de Fran­çois Tac­quart, alors pré­sident de la Com­mu­nau­té de com­munes de Saint Amarin.

Avec un bel aplomb, la par­tie civile (c’est-à-dire l’in­dus­triel) a esti­mé devant le juge d’ins­truc­tion son pré­ju­dice et celui de la socié­té Cycla­men (suite à l’a­ban­don du pro­jet de Mal­mers­pach), tan­tôt à 480 000 euros, puis à 1 200 000 euros.

Pour­tant, le recy­cleur a trou­vé sa terre d’accueil en Moselle, dans le Pays de Bitche, à Eguel­shardt, où il a fina­le­ment implan­té son usine.

On espère d’ailleurs pour lui qu’en démé­na­geant de Mal­mers­pach à Eguel­shard, tout en res­tant dans Grand Est, il n’a pas per­du la très dis­crète mais géné­reuse sub­ven­tion de 384 258 euros que lui avait accor­dée le Conseil Régio­nal à l’oc­ca­sion de son arri­vée dans le Haut-Rhin !

Pour ce qui nous concerne, deux des trois articles publiés par nos soins étaient la repro­duc­tion de ceux préa­la­ble­ment publiés sur le site inter­net de Thur éco­lo­gie & transports.

Mais c’est celui paru ori­gi­nel­le­ment dans nos colonnes qui a déclen­ché le cour­roux de l’industriel.

Ber­nard Schaef­fer, auteur de l’article inti­tu­lé : « Cycla­men à Mal­mers­pach : ça fleure bon l’écologie fac­tice », rela­tait avec force détails, en mai 2019, la situa­tion per­son­nelle dudit Ante­nen, au regard de ses pré­cé­dents déboires et atteintes à l’en­vi­ron­ne­ment, notam­ment lors­qu’il se trou­vait à la tête d’une socié­té nom­mée « Citron » qu’il a créée à Roger­ville près du Havre à la fin des années 90, et dont il a été débar­qué en 2007, rem­pla­cé par un ban­quier suisse.

Des élé­ments de faits qui n’ont pour­tant rien de dif­fa­mants, et par ailleurs issus pour l’essentiel d’une source pre­mière de réfé­rence, en l’occurrence celle du quo­ti­dien « Le Monde », au tra­vers d’un article paru le 16 novembre 1999, et signé par Her­vé Kempf (en page 10), aujourd’hui fon­da­teur et direc­teur du jour­nal en ligne spé­cia­li­sé dans l’écologie : « Repor­terre »

Après que la plainte ait été ins­truite, et fait l’objet d’un non-lieu par­tiel dans l’ordonnance de ren­voi, une pre­mière audience a été pro­gram­mée pour le 22 avril 2021 à 13h devant le Tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Mulhouse.

Elle sera sans doute ajour­née en l’absence pré­vi­sible du rédac­teur de l’article, excu­sé pour motif médical.

Tou­jours est-il que cette accu­sa­tion abu­sive est une énième atteinte directe contre la presse d’investigation indé­pen­dante, sans lien orga­nique avec un action­naire du monde finan­cier ou indus­triel, et sou­cieuse de por­ter des faits d’intérêt public à la connais­sance des citoyens.

Et plu­tôt que de sol­li­ci­ter un droit de réponse, comme il nous est arri­vé d’en publier, le plai­gnant pré­fère ins­tru­men­ta­li­ser dila­toi­re­ment la jus­tice, pour ten­ter de faire taire un mes­sa­ger, alors que celle-ci a bien assez à faire avec nombre de situa­tions réel­le­ment alarmantes.

Ante­nen n’en est d’ailleurs pas à sa pre­mière ten­ta­tive d’intimidation de la presse indé­pen­dante. En effet, la socié­té « Citron » qu’il a diri­gé, avait même pour mode opé­ra­toire régu­lier de reti­rer ses plaintes quelques jours avant les audiences, ain­si que cela fut fait en 2005, 2007 et 2009.

En 2019, avant de por­ter plainte contre L’Alterpresse68, Adrien Ante­nen a mena­cé les rive­rains en lutte et deux repré­sen­tants des asso­cia­tions Alsace Nature et Thur Eco­lo­gie & Trans­ports par une mise en demeure, les som­mant de « ces­ser leurs agis­se­ments » et de « faire connaître la réa­li­té par voie d’af­fi­chage ». Les inté­res­sés ont alors répon­du sèche­ment.

Le per­son­nage fera-t-il par­tie de ces indus­triels qui ambi­tionnent l’in­ti­mi­da­tion et l’affaiblissement d’un énième jour­nal un peu trop curieux, en rai­son des res­sources finan­cières for­cé­ment enga­gés par celui-ci pour mener sa défense ?

Une mésa­ven­ture récem­ment ren­con­trée par notre consœur Inès Léraud, à l’occasion d’une enquête menée dans le sec­teur de l’agroalimentaire.

Pour ce qui nous concerne, cela repré­sente quelques 3000 euros de bud­get à affec­ter pour assu­rer nos frais de jus­tice, soit l’équivalent de 20% de nos res­sources annuelles.

Un aléas judi­ciaire sus­cep­tible de mena­cer dès cette année un fra­gile équi­libre finan­cier, entre le main­tien d’un emploi sala­rié, l’affectation d’investissements, et le fonc­tion­ne­ment asso­cia­tif courant.

Il ne nous reste qu’à nous en remettre à votre sou­tien et votre géné­ro­si­té, pour faire face à cette épreuve difficile.

Vous pou­vez ain­si nous soutenir :

Nous vous remer­cions par avance pour le sou­tien et la soli­da­ri­té dont vous ferez preuve en défense d’un repré­sen­tant de la presse locale indé­pen­dante associative.

Tous nos articles publiés sur la ten­ta­tive d’im­plan­ta­tion d’A­drien Ante­nen à Mal­mers­pach sont dis­po­nibles ici.

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