Ils en ont bien de la chance, les employés de la socié­té CBRE, un géant amé­ri­cain de l’im­mo­bi­lier et des ser­vices, qui pèse 23,8 mil­liards de dol­lars en 2020 et dis­pose de 100 000 employés à tra­vers le monde. 

CBRE pos­sède éga­le­ment, depuis 2015, la socié­té John­son Controls, acquise pour près de 1,5 mil­liards d’euros. 

John­son Controls, ou plu­tôt CBRE aujourd’­hui, a notam­ment la charge de la main­te­nance de l’appareil indus­triel du géant suisse de la phar­ma­cie, Novar­tis (51 mil­liards de chiffre d’affaires en 2018), au sein de l’u­ni­té bâloise du groupe. 

On s’i­ma­gine donc que ces géants des ser­vices ou de l’a­gro­chi­mie ont donc de quoi cou­vrir leurs sala­riés de cadeaux et bonus en tous genres, dont la valeur ajou­tée doit être pro­por­tion­nelle à leur puis­sance capitalistique. 

Et cela s’est en effet radieu­se­ment vérifié. 

Tous les sala­riés bâlois (par­mi les­quels des fron­ta­liers) char­gés de la main­te­nance des appa­reils pro­duc­tifs, ont eu l’hon­neur d’être récep­tion­naires, en leurs domi­ciles, et sous boite en car­ton, de deux balles de caou­tchouc, siglées CBRE !

Une atten­tion infi­ni­ment déli­cate. Mais qui a tou­te­fois déclen­ché un scep­ti­cisme cer­tains chez quelques salariés. 

La lettre qui les accom­pagne a per­mis à notre infor­ma­teur, sala­rié de CBRE à Bâle, de com­prendre réel­le­ment le sens du cadeau expé­dié par l’employeur.

Et cela n’a­vait visi­ble­ment rien d’une plai­san­te­rie. D’ailleurs on ne plai­sante pas avec la gra­ti­tude chez nos voi­sins Helvètes ! 

Le ton de la mis­sive est on ne peut plus solen­nel et même redon­dant dans le côté mobilisateur !

Chers col­la­bo­ra­teurs, depuis plus d’un an main­te­nant, la COVID-19 nous tient fer­me­ment sous son emprise et nous influence dans de nom­breux domaines tels que le télé­tra­vail, le port du masque au tra­vail, les règles de dis­tance, etc. 

Grâce à votre com­por­te­ment dis­ci­pli­né, votre dévoue­ment et votre enga­ge­ment, nous avons pu sur­mon­ter cette crise. En effet, nous avons eu peu de cas COVID-19 et notre acti­vi­té n’est, à quelques excep­tions près, pas affec­tée par la COVID-19. 

Pour cela, nous vous remer­cions et comp­tons sur vous, pour que nous puis­sions éga­le­ment dans les pro­chains mois conti­nuer à tra­ver­ser cette crise avec suc­cès grâce à un com­por­te­ment, un enga­ge­ment et un dévoue­ment appropriés. 

De nom­breuses per­sonnes trouvent la pan­dé­mie stres­sante. Les balles ci-jointes devraient aider à réduire le stress et à se détendre. Essayez-les, cela en vaut la peine !

Dans l’at­tente d’un été repo­sant, nous vous adres­sons nos cha­leu­reuses salu­ta­tions. Res­tez en bonne santé ! 

Votre Direc­tion.

Le col­la­bo­ra­teur qui nous a remis les « pièces » est sala­rié depuis 30 ans de ce sous-trai­tant. Et comme il est lui-même un excellent élé­ment, « grâce à un com­por­te­ment, un enga­ge­ment et un dévoue­ment » sans faille, il a éga­le­ment été récom­pen­sé les années précédentes. 

Et là encore, les mil­liards concen­trés aux mains de l’employeur, par le « com­por­te­ment, enga­ge­ment et dévoue­ment » des sala­riés leur ont été ren­dus proportionnellement. 

Notre tra­vailleur rece­vait en effet en 2019 une tablette de cho­co­lat (au lait bien sûr), tou­jours expé­diée par colis pos­tal. Et en 2018, on récom­pen­sait son « com­por­te­ment, enga­ge­ment et dévoue­ment » par des Lecker­lis bâlois : c’est-à-dire de tra­di­tion­nels bis­cuits de Noël au miel et à la can­nelle ! Le tout envoyé sous pli express, évidemment. 

Elle est pas belle (et cro­quante) la vie du tra­vailleur des ser­vices dans les grandes entre­prises du voi­sin helvète ? 

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