L’inflation galope à la vitesse d’un gouverneur de banque centrale ayant perdu sa tête. Et les premiers à payer durement le prix de l’impéritie budgétaire des gouvernements européens, en sont les étudiants et étudiantes dans leur ensemble.

Ainsi, selon la Fage (Fédération des associations générales étudiantes) la rentrée universitaire 2023 coûtera plus de 3.000 euros en moyenne par étudiant-e, un niveau historique, et inquiétant, selon le premier syndicat d’étudiant métropolitain.

L’UNEF, second syndicat au niveau national, avance quant à lui une augmentation globale en volume attendue de 6,47%.

A Mulhouse et sur l’ensemble du département, la situation s’est donc, comme partout ailleurs en France, nettement détériorée.

Le syndicat majoritaire à l’Université de Haute Alsace (UHA), la CSTE (communauté solidaire des terres de l’Est), s’en ai fait l’écho au travers d’une publication portant sur le cout de la vie étudiante au niveau départemental.

Au premier plan de la hausse du coût de la vie étudiante, on trouvera le prix des loyers dans les villes de Mulhouse et Colmar.

Si les loyers sont gelés dans les résidences CROUS de Mulhouse, les charges, elles, augmentent de 1.05 %. En revanche, pour la majorité des étudiant·es, contraint·es de se loger dans le parc privé par manque de logements CROUS, la hausse des loyers est bien réelle, notamment pour les studios/T1, dont les loyers ont augmenté en un an de 3,4% à Mulhouse, soit une hausse moyenne de 138 €, et 1,9% à Colmar.

A mentionner en outre la fin du repas à 1 € pour les étudiants non boursiers depuis septembre 2021.

D’autres dépenses viennent alourdir la facture. Ainsi, les frais d’inscription des universités et écoles, l’achat et la mise à niveau du matériel pédagogique. ainsi que la CVEC (contribution de vie étudiante et de campus), qui augmente cette année pour atteindre la somme de 100 € pour tous·tes les étudiants non boursiers, qui constituent les 3/4 des étudiant·es de l’UHA.

Les dépenses de transport enregistrent également une augmentation. Côté transport en commun, en l’absence de tarifs étudiants, c’est l’augmentation des tarifs jeunes (2% pour l’abonnement à Colmar et 4,05% depuis juillet 2022 à Mulhouse) qu’ils et elles ont à subir. Pour les nombreuses étudiants contraints de se déplacer en voiture, il faut ajouter encore les prix de parking et de l’essence, dont l’augmentation a repris récemment.

Le tout alors que Mulhouse est l’une des villes avec le coût de la vie étudiante le plus faible.

Pour le syndicat, il s’agit de « veiller à ce que le manque d’investissement de l’État et des collectivités pour amortir la hausse de la vie étudiante ne viennent pas priver des profils d’étudiant·es fragilisé·es et précaires d’accéder aux études supérieures« .

Mentionnant en outre l’absence de résidence universitaire sur le campus de Colmar (antenne de l’UHA), symptomatique selon lui « d’un désintérêt et d’un manque cruel d’investissement de la part de l’État malgré un besoin réel (1880 étudiant·es étudient à Colmar, soit 18,7 % des effectifs de l’Université, auquel il faut rajouter les étudiant‧es de l’IFSI, l’INSPÉ)« .

En matière de restauration, « trois campus seulement sont dotés d’une offre crous satisfaisante« , selon l’organisation étudiante. Deux campus disposent par ailleurs de solutions précaires.

Au delà, précise le syndicat : « les étudiant·es de la Hear, de Praxis, de l’INSPÉ de Colmar, ceux des IFMS de Mulhouse, Colmar et Rouffach n’ont aucun accès à des solutions de restauration universitaire. Ils sont ainsi plus vulnérables à l’inflation« .

De sorte que, face à la détérioration des conditions d’études, l’organisation réclame des actions fortes en faveur de la jeunesse et des étudiants, dont :

  • La création au niveau national d’une allocation d’autonomie pour tous les étudiant⸱es à hauteur du seuil de pauvreté (1128 € par mois) pour endiguer la précarité et le recours au salariat étudiant, première cause d’abandon d’études.
  • La gratuité des transports en commun pour les étudiant.es et une meilleure desserte des lieux d’études.
  • Le retour du repas à 1 € pour toutes et tous.
  • Le plafonnement des loyers dans le parc privé comme public, sans oublier les charges, ainsi qu’une véritable politique de construction de logements étudiants.
  • L’augmentation des APL et la suppression des délais de carence. Elargir la garantie Visale à l’ensemble des logements et garantir son
    maintien en cas d’impayés.
  • Une offre suffisante de Restaurants Universitaires sur les différents campus.