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L’accord de libéralisation du commerce entre l’UE et la Nouvelle Zélande est arrivé pour ratification le 21 novembre au Parlement européen à Strasbourg.
Alors que les négociations entre l’UE et l’Australie s’enlisent, tous les indicateurs sont au vert pour la conclusion d’un accord de libre-échange de l’UE avec la Nouvelle Zélande et l’UE. A une large majorité, le Parlement européen a approuvé ce 22 novembre le rapprochement commercial avec ce pays de l’hémisphère sud.
Pleinement soutenues par Emmanuel Macron, les négociations ont débuté en 2018. Elles se sont poursuivies pendant la pandémie de COVID19, dans la plus grande opacité, alors qu’il ne manquait aucun dirigeant politique pour promettre à l’opinion publique un processus de relocalisation des activités jugées « stratégiques ».
Trois ans plus tard, les Parlementaires européens doivent se prononcer sur un accord qui prévoit la suppression de la quasi-totalité des droits de douanes sur les biens et services échangés entre l’UE et la Nouvelle-Zélande, et qui va augmenter l’importation de produits agricoles néo-zélandais : viandes ovine et bovine, lait, fromage, beurre, pommes, kiwis, et tant d’autres, vont traverser les océans et parcourir plus de 20 000 km, alors qu’ils sont également produits sur le sol européen.
C’est avec consternation que Maxime Combes, membre du collectif national Stop TAFTA, constate que 83% des députés européens (524 sur 630 votants) ont approuvé la ratification de l’accord de libéralisation du commerce UE-Nouvelle-Zélande, alors que cet accord va aggraver la crise climatique et fragiliser la situation de l’agriculture paysanne européenne !
La campagne d’interpellation menée par les organisations de la société civile n’a pas été vaine : les eurodéputés Français des groupes S&D, Verts et GUE ont voté contre cet accord, contrairement aux eurodéputés Renew (Renaissance) qui ont voté pour.
La députée (LR) Anne Sander, ancienne présidente du Conseil économique et social d’Alsace, a voté contre.
La France peut encore s’y opposer lors du prochain Conseil des ministres du commerce du 27 novembre, sans quoi cet accord sera définitivement ratifié et mis en œuvre.
Pour le collectif national Stop TAFTA, mobilisé sur les accords de libéralisation du commerce depuis des années, le vote des eurodéputés est doublement consternant :
« En 2023, à quelques jours de la COP28 sur le climat, comment est-il possible que 83 % des députés européens votent en faveur d’un accord de libéralisation du commerce qui selon les données de l’étude d’impact publiée par la Commission européenne, va accroître les émissions de gaz à effet de serre générées par le transport (CO2) et par l’augmentation de la production agricole (méthane et protoxyde d’azote) ?
Il va conduire à augmenter les importations de pommes, kiwis, miel, et accorde des quotas d’importation sans droit de douane pour 38 000 tonnes de viande ovine, 10 000 tonnes de viande bovine, 15 000 tonnes de beurre, 25 000 tonnes de fromage et 15 000 tonnes de lait en poudre provenant d’un pays situé à plus de 20 000 km de l’UE ? »
Où sont donc passées l’ambition climatique et la défense de l’agriculture européenne claironnées sur de nombreux bancs de l’hémicycle ainsi qu’à la Commission européenne, se demande le collectif ?
Contrairement à ce qu’affirment la Commission européenne, Emmanuel Macron et les eurodéputés favorables à cet accord, notamment ceux du groupe Renew (Renaissance), l’accord UE-Nouvelle-Zélande n’est pas soutenable en raison de l’impact climatique avéré qu’il va générer.
Enfin, il n’assure pas la réciprocité des normes pourtant promise : les agriculteurs néo-zélandais ont en effet le droit d’utiliser des substances interdites d’utilisation sur le sol européen, ainsi que le détaille cette note de décryptage…












