Crédit photo : Martin Wilhelm

Le collectif Palestine 68 organisait mercredi après-midi une conférence de presse réglant paradoxalement quelques comptes bien sentis avec l’ordonnancement médiatique donné à la question palestinienne, dans le contexte de la guerre avec Israël, après les attaques perpétrées le 7 octobre 2023 contre des civils juifs par le Hamas.

Christian Rubechi de l’association France Palestine solidarité, récuse l’exploitation politique et médiatique de la notion de terrorisme, d’abord utilisée comme qualification infamante destiné à disqualifier un adversaire, et que les contextes historiques rendent éminemment relatifs.

Est notamment visé un article de Laurent Bodin dans L’Alsace, censé s’exprimer en son nom propre (dixit le journaliste présent lors de la conférence de presse), alors qu’il s’agit d’un éditorial, donné dans Wikipédia comme « un genre journalistique qui donne à savoir la position ou le point de vue de l’éditeur ou de la rédaction d’un média sur un thème d’actualité« …

Christian Rubechi fera encore remarquer que près d’une cinquantaine de manifestations ont été interdites en France au nom du risque de trouble à l’ordre public et du danger terroriste (ce qui ne fut jamais le cas à Mulhouse), lesquelles ont donné lieu à quarante neuf annulations d’interdiction devant les tribunaux administratif, quand le terrorisme reste une qualification politique ne relevant pas du droit international, ainsi que s’y tient Amnesty International France.

A ce sujet, Nelson Mandela a été considéré jusqu’à sa libération de prison comme un terroriste par la police de la minorité blanche afrikaner, la Résistance française fut traitée comme une organisation terroriste aux yeux des collaborateurs et des occupants allemands, et même Yasser Arafat, fondateur de l’organisation de libération de la Palestine (OLP) et du Fatah, fut longtemps considéré comme un redoutable terroriste aux yeux du gouvernement israélien.

Il a également été question de s’extraire du piège grossier formé par les accusation d’antisémitisme, abondamment dispensée par les tenants du soutien inconditionnel à l’État d’Israël, quand l’hébreu, l’araméen et l’arabe sont linguistiquement apparentées, mais que les défenseurs de la cause israélienne, à commencer par l’extrême-droite, qui vient par elle de s’acheter un philo-judaïsme virginal, sont le plus souvent des anti-arabes forcenés.

Par ailleurs, le « silence assourdissant » des députés et sénateurs locaux a été particulièrement remarqué, et fustigé.

Bien que les militants soient las et sollicités de toute part, une nouvelle manifestation est prévue pour ce samedi 6 janvier à 14 h, au départ du square de la Bourse.

D’autres actions sont prévues le mardi 9 janvier à 20 h à la salle de la chapelle Sainte-Claire, 21, rue de Dieppe à Mulhouse, avec une conférence donnée par le docteur Christophe Oberlin, gazaoui d’adoption depuis 2001 pour y former des médecins palestiniens à la chirurgie réparatrice, et soigner les personnes handicapées. Thème de la rencontre (entrée gratuite) : « Gaza, avant, pendant et après la bataille. ».

Enfin, le Collectif Palestine 68 participera à une manifestation organisée par « l’association « Suisse Palestine » à Bâle, le samedi 13 janvier à 14 h, place du Théâtre.

Le Collectif Palestine 68, est notamment constitué de partis politiques de gauche, d’associations et collectifs, de la Ligue des droits de l’homme, de la CGT. «