Crédit photos : Martin Wilhelm
A Mulhouse, des associations, syndicats et partis appelaient à un rassemblement ce dimanche 14 à 14 h 30, place des Victoires, pour manifester contre la loi asile et immigration signée par Gérald Darmanin. Une manifestation nationale est programmée pour le 21 janvier (voir plus bas).
Une centaine de personnes s’y sont retrouvées. Des prises de parole ont dénoncé son caractère scélérat, y voyant une « attaque contre l’hébergement d’urgence » et une limitation manifeste de l’accès aux prestations sociales, dont les aides au logement et allocations familiales, dont la conséquence directe serait de menacer des familles, des personnes isolées, notamment jeunes, et les pousser vers des profiteurs et autres marchands de sommeil.
Une « course aux papiers » a été par ailleurs organisée, mettant en scène la concurrence induite par la réforme afin d’obtenir un titre de séjour, et dénonçant son caractère inhumain.
Un appel signé par 200 personnalités
Médiapart et le journal L’Humanité ont publié, de concert, un appel de plus de 200 personnalités qui entrent ainsi en résistance devant ce qu’elles considèrent comme un « tournant dangereux de notre République » et une loi rédigée « sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de « préférence nationale » ».
L’initiative, née au lendemain du vote de la loi immigration à l’Assemblée nationale le 19 décembre, aboutit autour d’un objectif : rassembler un maximum de personnes dans les rues pour demander à Emmanuel Macron la non-promulgation du texte adopté avec le concours des voix du Rassemblement national.
Le texte de cet appel en publié en fin d’article. Il est à noter que parmi ces personnalités se trouvent des notable de centristes issue de la mouvance démocrate-chrétienne mais aussi du monde culturel, associatif et syndical.
« Si on veut mener le combat prioritaire des valeurs, contre l’extrême droite, il faut un large rassemblement, dépassant les différences politiques et d’engagement. Nous condamnons cette loi parce qu’elle porte atteinte à beaucoup de fondamentaux de notre République et de notre devise », rappelle Patrick Baudouin, président de la Ligue des droits de l’Homme.
« C’est un moment de clarification : cette loi est un révélateur, une frontière claire entre celles et ceux prêts à basculer et renier le programme du Conseil national de la Résistance jusqu’à reprendre les thèses de l’extrême droite, et les autres », estime la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet signataire du texte tout comme Marilyse Léon, secrétaire générale de la CFDT.
Appel : Marchons pour la Liberté, l’égalité, la fraternité
Dans notre diversité d’idées, d’engagements, de professions, nous exprimons notre grande inquiétude après le vote de la loi dite « asile-immigration ». C’est un tournant dangereux dans l’histoire de notre République.
D’abord parce que cette loi ne répond pas aux causes de l’exil forcé d’hommes, de femmes, d’enfants fuyant les guerres ou le réchauffement climatique, ni aux défis de l’accueil dans la dignité, ni au défi de la définition d’une politique digne et humaine d’intégration.
Ensuite, parce qu’elle a été rédigée sous la dictée des marchands de haine qui rêvent d’imposer à la France leur projet de « préférence nationale ». Elle torpille les piliers porteurs de notre pacte républicain, hérité du Conseil national de la Résistance. Elle s’attaque ainsi au droit du sol autant qu’aux droits fondamentaux proclamés par la Constitution : au travail, à l’éducation, au logement, à la santé… Ce faisant, tous et toutes, Français autant qu’étrangers, nous nous trouvons menacés.
Victor Hugo écrivait : « Étouffez toutes les haines, éloignez tous les ressentiments, soyez unis, vous serez invincibles. »
Soucieux de rassemblement et de solidarité plutôt que de division sans fin de notre société, nous demandons au Président de la République de ne pas promulguer cette loi. Le dimanche 21 janvier nous appelons à manifester dans notre diversité notre attachement à la devise de la République : « Liberté, égalité, fraternité. »
Suivent 201 signatures à retrouver ici.


























Bonjour,
Je me permet d’ajouter la position d’un militant de la Marche des Solidarités (Paris – Collectif à l’origine de la journée du 14, dont les membres sont issues des diverses organisations des Sans-Papiers), cela afin d’éclaircir un tantinet la lanterne des lecteurs & lectrices de cet indispensable canard à rebrousse poil des voix du maïtre :
Mathieu Pastor de la Marche des solidarités estime :
« On ne va pas se cacher, on sait que la manifestation du 21 janvier (avec les 201 personnalités) sera plus visible que celle du 14, les organisateurs ont des moyens que nous n’avons pas. Mais on ne se retrouve pas dans une marche où les grandes stars vont parler et où les premiers concernés ne sont pas mis en avant. On ne pense pas que quelque chose de combatif puisse sortir de ce cadre. On a aussi peur que ce grand mouvement citoyen s’arrête avec le passage de la loi au conseil constitutionnel. Or la bataille ne peut pas s’arrêter là ». La Marche des Solidarité a décidé de ne pas appeler à se joindre à la marche du 21 janvier.
D’autres organisations comme Attac France, ou Solidaires, le Pcf et bien d’autres ont au contraire décidé d’appeler aux deux journées, estimant que la deuxième journée viendrait renforcer la première.
Pour ce 21, des personnalités politiques du centre gauche & centre droit participeront ce 21 janvier, pour une démarche dabord politicienne contre le danger fasciste.
Or, primo, ces politicien-nes auront « oublié » des lois contre l’immigration dite « sauvage » créées lorsque ils & elles étaient au affaires…
Secundo, mais contre le fascisme, ça fait longtemps qu’il faille se bouger le cul, que de venir lorsque la bataille est mal pari pour tous les humanistes. Ce gouvernement applique des loi sécuritaires, anti sociales depuis 2017, hormis contre la casse des retraites, peu de citoyen-nes « éclairé-es » font entendre leur esprit de démocratie et de liberté.
Tierço, quand est-il de la question emploi-patronat pour ces 201 personnalités notamment ?! Tout comme de la question sociale dans sa globalité ?! Foin des tabous, il faut parler, débattre pour protéger ce qu’il reste d’espace démocratique dans ce pays !!