Photos et contribution rédactionnelle de C.R.

Ce matin du 18 mai, durant près de deux heures, une bonne vingtaine de militants d’organisations diverses (membres du Collectif Palestine 68) étaient présents sur le parking de l’entrée du magasin Carrefour d’Illzach.

Il s’agissait de donner le coup d’envoi à la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), dans le cadre de la semaine d’action nationale « Boycott Carrefour« , du 18 au 25 mai 2024.

Parmi eux, quelques uns avaient été interpellés voici près de 15 ans devant ce même hypermarché, pour les mêmes motifs. Le pied de nez semblait donc de circonstance, tant les autorités politiques et judiciaires françaises se sont évertuées à assimiler les militants « BDS », à des antisémites.

Cette terrible histoire de criminalisation d’une action militante fondée sur le droit international, et son heureuse conclusion judiciaire, vous sont rappelés dans nos colonnes.

Ils y ont donc distribué des tracts à la clientèle de l’hypermarché, et pris la parole afin de rappeler que cette enseigne est complice de fait de la politiques israélienne, en développant ses activités dans les colonies israéliennes de Cisjordanie (9 implantations sont comptabilisées) et en distribuant des colis alimentaires aux soldats de l’armée israélienne qui opèrent à Gaza.

Une demande d’entrevue auprès de la direction du magasin d’Illzach a été demandée il y a deux semaines par l’AFPS Alsace, sans recevoir de réponse.

Le directeur du magasin n’a par contre pas hésité à faire savoir à la communauté musulmane, notamment par le réseau de mosquées, qu’il ne fallait pas boycotter les produits de son enseigne, alors qu’elle propose notamment des dattes qui proviennent généralement du territoire palestinien de la vallée du Jourdain et sont récoltées par des ouvriers palestiniens chassés de leurs terres et surexploités dans les palmeraies.

Le texte du flyer distribué aux clients, comme les annonces à la sono, demandaient le boycott de Carrefour au nom d’un « devoir moral et citoyen »:

La solidarité avec la population civile palestinienne victime de violations systématiques de ses droits, d’exactions des colons israéliens, de massacres commis par l’armée israélienne – dont  la Cour de Justice internationale vient de rappeler qu’elle se livrait à des actes présentant des « risques plausibles de pratiques génocidaires » – doit aussi s’exprimer en boycottant  des enseignes comme Carrefour, complice de fait de ces actes. 
Il était également rappelé aux clients que c’est une action de ce type, devant ce même magasin, qui avait déclenché il y a 14 ans les procédures aboutissant aux condamnations de citoyens qui viennent enfin d’être relaxés d’ accusations infamantes d’antisémitisme et de provocation à la haine pour avoir simplement usé de leur liberté d’expression et rappelé  la réalité de la colonisation et de l’expulsion de leurs terres des Palestiniens.

L’impuissance de nos institutions et des institutions internationales, le mépris et l’arrogance affichés par le gouvernement israélien à l’égard de toute forme de respect du droit international et du droit humanitaire, le fanatisme religieux et le racisme revendiqué par certains de ses ministres, doivent inciter tous les citoyens à agir pour que cessent les crimes commis depuis trop longtemps contre les populations palestiniennes.
Dans tous les domaines le Boycott reste une pratique efficace contre toutes les formes de complicité avec cette politique israélienne de colonisation, de pratiques d’apartheid, de crimes de guerre, voire de pratiques génocidaires.

A noter la présence discrète de forces de l’ordre, qui ne sont pas intervenues, et les nombreuses marques de compréhension, voire de sympathie, des clients.

Rendez-vous était déjà pris par les organisateurs pour d’autres expressions prochaines de ce droit à boycott. Mohammad Akbar, l’un des militants présents rappelant la légitimité et la légalité des actions boycott :

« Nous distribuons des tracts à l’entrée du magasin sans entraver l’entrée des clients dans le magasin. La cour d’appel de Paris a confirmé la légalité des actions de boycott et de toutes celles qui expriment, pacifiquement et sans appel à la haine, leur solidarité avec le peuple palestinien. Nous sommes légitimes dans nos actions ».

Dans l’après-midi, les militants rejoignaient le collectif Palestine 68 qui avait donné rendez-vous sur la place de la Bourse de Mulhouse, pour une nouvelle marche à travers la ville, laquelle a rassemblé une petite centaine de personnes.