Crédit photos : Martin Wilhelm
En humaniste convaincue et chaleureuse, Florence Claudepierre reprend son bâton de pèlerin(e), à l’occasion des ces législatives anticipées, dans la foulée des européennes, qu’elle venait tout juste de mener, figurant en place 73 de la liste de La France Insoumise.
Nous étions présents lors de sa première réunion de réglage, qui eut lieu la semaine dernière dans un döner de la rue d’Illzach, à Mulhouse. En présence de Morgan Legay, son suppléant, et enseignant d’histoire-géographie de profession.
Celle qui se présente volontiers comme une mère de famille, militante associative, a souhaité diffuser à ses sympathisants des conseils de campagne, et partager le caractère éreintant des préparatifs de campagne, placés pour diverses raisons « sous tension » : la première des trois semaines de campagne étant vouée à ne régler que des problématiques administratives.
Entre les imprimeurs qui n’arrivent plus à suivre, le manque de papier, les couleurs du tract de campagne à propos desquelles la préfecture, à travers la commission de propagande, finasse, parce que les couleurs violet blanc et rouge (celles de LFI) feraient penser aux couleurs du drapeau français (qu’il est interdit de brandir), la nécessité d’assurer soi-même la couverture des panneaux officiels (en lieu et place d’un affichiste diligenté par l’État), la campagne ressemble à un véritable chausse-trappe institutionnel. Surtout quand on n’est pas un politique professionnel.
Celle qui ambitionne volontiers de pratiquer tractages, porte à porte et l’échange simple dans la toute la circonscription, conformément à sa conception des campagnes électorales, entend agir en direction des plus modestes, lesquels ne sont pas uniformément répartis sur cette circonscription qui prend en tenaille la cinquième, et coupe en deux la ville de Mulhouse, au noiveau du quartier de Bourtzwiller.
Morgan Legay a vu l’extrême droite gagner les milieux ruraux, dont il est issu. « Mais notre tache est aussi d’empêcher les dérives institutionnelles auxquelles on a assisté en permettant qu’un Président de la République puisse s’octroyer tous les pouvoirs« .
Pour Florence Claudepierre un projet de vie fondé sur l’entente et la confiance n’est pas compatible avec l’extrême-droite.
La candidate et son suppléant ont identifié des thématiques communes à l’ensemble de l’électorat de la circonscription : prix du logement, de l’énergie, offre de transports publics et état des services publics.
Ils ont à coeur de porter les principaux engagements de la plateforme du nouveau front populaire, comme la gratuité totale de l’école, ou le rehaussement du SMIC.
Ils dénoncent par ailleurs l’absence récurrente du député sortant Bruno Fuchs (Modem), très (trop) occupé avec l’agence française de développement, et l’accusent d’avoir voté l’ensemble des lois antisociales de Macron.
A Mulhouse, affirme Morgan Legay, « on a une bonne idée de ce que la coalescence du macronisme et de l’extrême droite peut produire. En revanche, avec 23,08 %, la ville de Mulhouse a placé LFi en tête des suffrages aux élections européennes, et la partie nord a fait encore mieux (Bourtzwiller, Wolf-Wagner…)« .
Toutefois, remarque-t-il : « dans les zones pavillonnaires, le macronisme s’effondre au profit du RN, y compris dans les zones rurales. Le NFP va pouvoir percer à nouveau dans ces zones. La dynamique est bonne selon les candidats, et il est possible de faire basculer la circonscription à gauche« .
Pas sûr que l’électorat pavillonnaire des villages inclus au sein d’une circonscription qui a toujours été droitière, ou au mieux démocrate-chrétienne, soit aussi réceptif à un discours de rupture social et économique.
En l’occurrence, les communes de : Baldersheim, Bantzenheim, Bartenheim, Battenheim, Brinckheim, Chalampé, Dietwiller, Geispitzen, Helfrantzkirch, Hombourg, Illzach, Kappelen, Kembs, Kingersheim, KStzingue, Landser, Lutterbach, Magstatt-le-Bas, Magstatt-le-Haut, Mulhouse-Bourtzwiller, Niffer, Ottmarsheim, Petit-Landau, Pfastatt, Rantzwiller, Reiningue, Richwiller, Ruelisheim, Sausheim, Schlierbach, Sierentz, Steinbrunn-le-Bas, Steinbrunn-le-Haut, Stetten, Uffheim, Wahlbach, Waltenheim, Wittenheim, Zaessingue.
A l’exception de Kingersheim, Illzach, Wittenheim, et en partie Lutterbach, qui connaissent un vrai brassage social populationnel réceptif à une offre politique de rupture, il s’agirait peut-être surtout de mobiliser l’électorat du nord de Mulhouse, c’est à dire le quartier de Bourtzwiller.
Quartier populaire le plus peuplé de la cité du Bollwerk (avec 13 000 âmes), il relève de la sixième circonscription. Cumulant quelques superlatifs, il s’agit également du plus grand quartier du ban municipal, et du plus pauvre, avec le quartier Coteaux (13 440 euros de revenu moyen annuel par habitant et 45% de taux de pauvreté)…
Les candidats LFI de la sixième circonscription du Haut-Rhin agissant pour le compte du nouveau front populaire devraient y être bien mieux reçus qu’ailleurs.
Les candidats de la 6° circonscription du Haut-Rhin :
- Bruno Fuchs, député sortant : MoDem
- Romuald Lourenço : Debout la France
- Pascal Blum : Mouvement écologiste indépendant
- Florence Claudepierre : Nouveau front populaire
- Denis Pint : Reconquête !
- Christelle Ritz : Rassemblement national
- Pablo Roldan-Sanchez : (Divers droite)
- Nathalie Mulot : Lutte ouvrière
- Laurent Roth : Unser land















