Crédit photos : Martin Wilhelm

Un peu plus de 400 personnes se sont réunies ce samedi à 14 heures sur la place de la Bourse à Mulhouse, afin de protester contre la nomination de Michel Barnier, en tant que Premier ministre du nouveau gouvernement.

La manifestation mulhousienne est restée modeste en nombre, surtout si on la compare en nombre à la mobilisation strasbourgeoise, laquelle a réuni 4 000 personnes hier après-midi, soit 10 fois plus, mais créative en matière de slogans, comme on le voit dans la galerie de notre photographe.

Le fait est que la situation politique est pour le moins paradoxale à gauche. Un Premier ministre issu du parti « Les républicains » est choisi par Emmanuel Macron avec l’assentiment de l’extrême-droite, pourrait notamment emporter la crédibilité de cette dernière en tant que pôle d’opposition antisystème.

Le RN, s’inscrivant en effet dans le soutien implicite au représentant d’un parti discrédité idéologiquement, ne laisse alors plus d’autre espace politique à LR que de lui sucer la roue… tout en suscitant l’incompréhension et/ou la colère de son électorat.

Ce faisant, la gauche affermirait son unité à travers le NFP, et son rôle d’opposante résolue au macronisme prolongé, si les tentatives de leurres lancées par le président de la République, à travers l’hypothèse Caseneuve, ne nourrissent encore les divisions au sein du flanc ectoplasmique (LFE) du parti socialiste, parmi lequel on décomptera assurément « madame 1,74 % », c’est-à-dire Anne Hidalgo, ou les Meyer-Rossignol, parmi les derniers sectateurs du social-libéralisme, lesquels auraient préféré se fondre dans le macronisme spongiforme.

Autant de personnalités qui laissent à penser que la gauche devrait mendier son existence et sa légitimité, ainsi que la défense de son programme de gouvernement, sur une scène politique où la transformation sociale et écologique n’auraient plus droit de cité, par nature.

Inversement, pas sûr non plus que la gauche ne se remettrait, sans se fracturer, d’une censure expresse par l’ensemble des groupes de droite et d’extrême-droite. Quand bien même aurait-elle révélé au grand jour la nature foncièrement libérale-autoritaire (ou illibérale) d’un pouvoir, réellement radicalisé, qui désormais lui (nous) fait face…