La Cour d’Appel de Nouméa a confirmé ce vendredi 29 novembre 2024 le maintien en détention de Christian Tein, figure de proue du mouvement indépendantiste kanak, à la prison de Mulhouse-Lutterbach.
La décision intervient après l’invalidation en octobre par la Cour de cassation d’une première ordonnance de placement en détention en métropole.
Christian Tein, incarcéré depuis le 23 juin 2024 à la prison de Mulhouse-Lutterbach, fait face à des accusations liées aux émeutes qui ont secoué la Nouvelle-Calédonie depuis mai 2024, faisant 13 morts et causant des dégâts estimés à quelques deux milliards d’euros.
Il est mis en examen pour sept chefs d’accusation, notamment complicité de tentative de meurtre, vol en bande organisée avec arme, et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime.
Le transfert de Christian Tein et de six autres militants vers la métropole le 23 juin a suscité la controverse, rappelant singulièrement le principe français de déportations des condamnés politiques.
Ses avocats, Me François Roux et Me Pierre Ortet, ont annoncé leur intention de faire un pourvoi en cassation et, si nécessaire, de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme, notamment concernant les conditions du transfert.
Le Collectif alsacien SPK67, soutenant la cause indépendantiste, a qualifié cette décision d' »inacceptable« , car Christian Tein est « emprisonné injustement, comme tous les prisonniers politiques« , selon la déclaration recueillie par nos confrères de France3 Grand est.
Christian Tein, membre de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), organisation accusée par le gouvernement d’être à l’origine des émeutes, a toujours nié avoir appelé à commettre des violences.
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions en Nouvelle-Calédonie, où les conditions de détention font l’objet de nombreuses critiques.
A cet égard, l’État français a récemment été condamné pour son inaction face aux conditions de détention indignes au centre pénitentiaire de Nouméa, soulignant les défis persistants du système carcéral dans le territoire.
L’affaire Tein continue de cristalliser les tensions entre les indépendantistes kanaks et l’État français, ravivant le débat sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie et les droits fondamentaux des détenus politiques à demeurer sur leur terre natale.













