L’édition 2024 du festival du film engagé organisé par l’association Thur écologie et transports se tenait du 12 au 24 novembre, entre Saint-Amarin, Oberbruck et Wesserling. Pas moins de 9 projections suivies de 9 débats y étaient programmés.

On a assisté à la projection de clôture, au cours de laquelle était diffusé un objet filmique non identifiable, sous la forme d’un documentaire construit et financé avec deux francs six sous (en l’occurrence une partie de financement participatif), par Alessandro Di Giuseppe (comédien, notamment au sein de l’émission « Groland« ) et son complice Adrien Juncker (acteur et réalisateur rencontré au festival du film grolandais), qui lui sert de caméraman, et accessoirement de souffre-douleur.

Vous trouverez ci-après les premières minutes du film, en une reconstitution très convaincante de la déclaration de candidature de Zemmour à la Présidentielle 2022 :

Le film suit le périple politique du PAP’40, un grand prêtre provocateur et ouvertement pro-riches (« votez pour le grand Capital« , « chacun pour sa gueule« ), entièrement voué à la promotion de « l’église de la Très Sainte Consommation« . Le sacerdote idolâtre du capitalisme a même condescendu à venir se présenter, en personne, avant la projection, à la populace venue assister à la projection de son film dans le village d’Oberbruck (indigne de lui il est vrai, alors qu’il pensait se rendre près de Toulouse, et non près de Mulhouse !).

Affreusement déçu par les politiques des gouvernants de gauche et de droite qui matraquent la crème de la richesse française et mondiale, le grand prêtre se résout alors à entrer dans la sécularité, et à pénétrer (au sens métaphorique, mais pas seulement) l’arène politique et militante, lors de l’élection présidentielle de 2022.

Notre PAP40, riche alors de ses 500 signatures de « mères », sérieusement examinées par le Conseil constitutionnel mais scandaleusement invalidées par lui, part cependant à la rencontre de ses électeurs et surtout auprès de ceux d’autres candidats, afin de promouvoir la sainte trinité : « Travaille, Obéis, Consomme !« .

Critique sociale, en ce que le film constitue une satire des politiques et des comportements consuméristes de nos sociétés, il est tout autant une réflexion sur le paysage politique français, les motivations des candidats en lice, et la quantité de bêtises que des militants sont capables d’ingurgiter et de régurgiter sans réfléchir à leurs conséquences.

De sorte qu’il arrive à Di Giuseppe et Juncker (le second étant quelquefois dépassé par la folie du premier) de multiplier les provocations outrageuses en matière d’immigration ou de pauvreté (« J’ai très envie de vous emmerder les pauvres« ) sur les marchés, ou par exemple auprès de militants zemmouristes et lepenistes, qui admettent bien volontiers ces ignominies, enfonçant toujours plus loin la fenêtre d’Overton au sein du discours public…

Ce film foutraque, parfois un peu long, fourmille pourtant d’une énergie pétaradante et d’une inventivité incroyable, sans compter le courage physique que les deux protagonistes endurent ponctuellement en se faisant jeter manu militari des meetings où ils se rendent !

La plus drôle et improbable de ces grand-messe électorales étant celle de la candidate LR, Valérie Pécresse, laquelle parvint à se servir de l’hérétique évacuation du PAP40 pour rebondir auprès de son auditoire, alors que celui-ci venait tout juste de lui proférer quelques mots d’amour via un micro chouravé dans la salle, le tout filmé en direct !

Le film est rendu d’autant plus attachant que les deux forcenés ont également réussi à s’attacher les complicités de comédiens, humoristes et réalisateurs, présents sous la forme de caméo : Gustave Kervern, Benoît Delépine, Oldelaf, Isabelle Alonso, Aymeric Lompret et un Noël Godin d’une sobriété surnaturelle ! Notre confrère Blast et Denis Robert accueillant également le PAP40 et un sosie d’Emmanuel Macron stupéfiant de ressemblance, pour un grand débat !

Le film n’est (hélas) diffusé qu’à la demande. On vous conseille de les solliciter pour organiser des projections, et profitez-en pour consulter leurs diverses oeuvres missionnaires présentées sur le site de l’Église de la Très Sainte Consommation, dont on vous place un avant goût ci-dessous :