Crédit photos : Martin Wilhelm
Jusqu’à 500 personnes ont participé ce samedi à Mulhouse à une manifestation dans le cadre de la journée internationale pour le droit des femmes et des minorités sexuelles. Elles et ils ont formé en cortège entre la place de la Bourse, le square Steinbach, la Place de la Réunion, les rues de l’hyper-centre et la Porte Jeune.
En ce 8 mars, journée internationale, les femmes se mobilisent comme chaque année pour conquérir des droits et les rendre actifs. A fortiori quand ceux-ci sont menacés par la montée des extrêmes droites, par la progression des forces conservatrices et réactionnaires, et la multiplication des conflits armés, et les récentes affaires judiciaires qui témoignent du caractère systémique des violences faites aux femmes.
Le syndicat d’enseignant-e-s- FSU, notamment présent, y a réaffirmé « sa solidarité avec toutes les femmes victimes et avec celles qui résistent et luttent pour l’égalité, la démocratie et la justice sociale. En France, face aux offensives idéologiques qui visent à remettre en cause les acquis des femmes ou à les entraver, la FSU s’engage dans la lutte contre toutes les composantes de l’extrême droite. Les attaques budgétaires contre les services publics vont peser lourdement sur les femmes qui représentent 63% des personnels de la fonction publique et en sont aussi les principales usagères« .
Ajoutant, en tant qu’organisation de fonctionnaires : « Si le projet des trois jours de carence est abandonné, le passage à l’indemnisation à 90% des arrêts maladie va avoir des conséquences dramatiques sur la rémunération des agents en arrêt et en particulier sur les bas salaires« . Le syndicat revendique par ailleurs « la possibilité de bénéficier d’autorisation d’absence de droit sans justificatif médical pour des problématiques spécifiquement féminines engendrant des symptômes invalidants« .
A propos de l’éducation à la vie affective à l’école, dont nous signalons dans un article des projets de contestation publique, y compris à Mulhouse, le syndicat a tenu à défendre le programme « EVARS » : « à l’opposé des discours mensongers portés par des groupuscules religieux et politiques, c’est un programme adapté aux âges des enfants qui participe à la connaissance et à l’estime de soi, à la prévention contre les violences sexistes et sexuelles, les discriminations de genre et la construction de relations égalitaires. Nous pensons que l’Evars peut devenir un levier majeur de prévention et de détection des violences subies par les enfants« .
Sur les effets de genre au sein du monde du travail, il a été rappelé que le travail des femmes est invisibilisé. Des différences de 20 à 30% subsistent entre les salaires des hommes et des femmes. À la retraite, le différentiel de pension peu atteindre 40%. Les femmes sont victimes de violences sexistes et sexuelles tout au long de leur parcours professionnel.
Lutter contre la réforme des retraites est d’autant plus essentiel qu’elle s’attaque directement aux droits des femmes. Les femmes risquent d’obtenir des pensions diminuées à cause de carrières hachées par la maternité, par les congés parentaux…
Un militant de la CGT est intervenu, attestant que pour lui la meilleure façon de lutter contre le patriarcat est de soutenir le féminisme, lutter ensemble et faire en sorte que les hommes deviennent des alliés dans le mouvement féministe. Car, précise-t-il, « les hommes en tant que groupe social ne jouent pas leur rôle, que ce soit dans le monde du travail, que ce soit dans la société, que ce soit dans le foyer. C’est important qu’aujourd’hui on montre que c’est important de lutter toutes et tous ensemble pour une société féministe et égalitaire« .
« Si les dirigeants du monde reculent vers le Moyen-Âge, nous, nous
avançons vers un monde plus juste »
Françoise Ruch militante du NPA, s’y est exprimée de la manière la plus simplement éloquente :
« Aujourd’hui, ce n’est pas seulement la journée de lutte internationale pour notre émancipation, pour l’égalité et contre l’oppression. C’est aussi la première riposte mondiale au monde que tentent de nous imposer Trump et Poutine. C’est une riposte, la première riposte mondiale à leurs ambitions masculinistes et réactionnaires qui banalisent les violences sexuelles, qui s’opposent aux droits à l’avortement et à nos droits sur nos corps et nos vies. La riposte contre le monde de Trump ne peut être que sociale pour être réelle. Nous, les femmes, nous sommes majoritaires dans le prolétariat. Nous sommes au cœur des combats, dont ceux du métier du lien social. Nous sommes de tous les combats démocratiques contre les reculs sociaux et sociétaux. Au Canada, les manifestations du 8 mars ont lieu devant les ambassades américaines en soutien aux femmes américaines. En Iran, en Syrie, en Inde, au Pakistan, partout, les femmes se soulèvent. Si les dirigeants du monde reculent vers le Moyen-Âge, nous, nous avançons vers un monde plus juste. La lutte d’émancipation des femmes est au cœur de la lutte pour un monde meilleur« .






























