Hommage et sécurité
Michèle Lutz a débuté la séance en rendant hommage aux victimes de l’attentat du marché et aux forces de l’ordre qui ont agi avec courage. Une minute de silence a été observée, mais cette solennité n’a pas suffi à apaiser les tensions.
Loïc Minéry, élu d’opposition (Mulhouse cause commune), a salué l’hommage tout en critiquant la gestion municipale qu’il qualifie d’« inaction constitutionnelle » sur des dossiers clés tels que la sécurité publique et la prise en charge des troubles psychiatriques. Évoquant le manque de concertation sur ces questions cruciales, comme la végétalisation urbaine ou les infrastructures scolaires. Il a par ailleurs évoqué des projets « portés disparus », tels que l’île aux ânes ou la première année de médecine à Mulhouse, signifiant ainsi que la gestion actuelle manque cruellement de suivi et d’ambition.
Claudine Boni-Da Silva, adjointe à la sécurité, a défendu le bilan municipal en matière de tranquillité publique, soulignant une baisse des délits sur Mulhouse par rapport au reste du département. Mais cette défense n’a pas convaincu tous les élus, certains estimant que les moyens déployés restent insuffisants face à l’ampleur des défis.
Plusieurs élus ont souligné les lacunes dans la prise en charge des individus souffrant de troubles psychiatriques graves, notamment après l’attaque au marché. Les propositions ont varié entre un réarmement des services psychiatriques et un renforcement des programmes de déradicalisation. Toutefois, certains ont dénoncé un manque d’écoute et de concertation dans la gestion municipale.
Bains municipaux Pierre et Marie Curie
Le devenir des bains municipaux Pierre et Marie Curie a cristallisé les débats. Alors que la majorité propose une étude pour transformer ce site historique en espace de bien-être, Loïc Minéry a dénoncé un manque de transparence et une orientation floue. « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup », a-t-il lancé. Il a également regretté l’absence d’engagement clair concernant le maintien des douches sociales, essentielles pour les populations précaires.
Raillant « le conclave intense » lié au devenir du site, il a accusé la majorité de prendre les élus pour des « jambons » en leur demandant simplement de valider des décisions déjà prises.
Michèle Lutz a tenté de rassurer en affirmant que le projet tiendrait compte des besoins sociaux tout en préservant le patrimoine architectural du site. Mais cette promesse n’a pas suffi à calmer les inquiétudes exprimées par plusieurs élus.
Mobilités douces
Le lancement du nouveau service de vélos en libre-service par Nextbike a été salué pour son ambition : 640 vélos répartis sur 64 stations dans Mulhouse et son agglomération. Cependant, dès les premiers jours, des problèmes sont apparus : vélos abandonnés dans la nature, dégradations et dysfonctionnements techniques. Claudine Boni-Da Silva a assuré qu’une cellule de crise avait été mise en place pour résoudre ces difficultés.
Loïc Minéry n’a pas manqué d’interpeller la majorité sur ces déboires : « Vous nous vantez un système révolutionnaire, mais il semble que Mulhouse soit devenue un laboratoire d’expérimentations ratées. » Malgré ces critiques, le service semble rencontrer un certain succès auprès des habitants.
« Mulhouse Diagonale »
Le projet « Mulhouse Diagonale », visant à relier différents quartiers par des aménagements piétons et cyclables tout en préservant la biodiversité urbaine, continue d’avancer. Catherine Rapp a présenté les nouveaux travaux prévus entre le pont de Strasbourg et la promenade de la Doller. Si certains élus ont salué l’impact positif du projet sur le cadre de vie des habitants, d’autres ont critiqué son coût élevé (plus de 30 millions d’euros) et son manque d’équité territoriale.
Loïc Minéry a également dénoncé un « réseau vitrine » qui ignore les besoins réels des autres quartiers moins favorisés.
Commerce et artisanat
La création du Conseil mulhousien du commerce et de l’artisanat a été annoncée comme un outil d’intelligence collective pour renforcer l’attractivité commerciale de Mulhouse. Philippe Trimaille, adjoint au commerce, s’est félicité du dynamisme local avec un solde positif d’ouvertures commerciales (+14 établissements en 2024). Cependant, plusieurs élus d’opposition ont dénoncé une initiative « préélectorale », à moins d’un an des municipales.
Cléo Schweizer (sans étiquette) a également regretté l’absence de représentants des consommateurs dans cette instance consultative : « Le commerce ne peut exister sans ses clients ; il serait judicieux d’intégrer leur voix dans cette réflexion. »
Éducation artistique et culturelle
Chantal Risser a présenté le contrat territorial d’éducation artistique et culturelle (CTEAC), visant à toucher tous les jeunes mulhousiens âgés de 0 à 18 ans. Si cette initiative a été saluée pour son ambition éducative, certains élus ont regretté son budget modeste (45 000 euros) qui pourrait limiter son impact concret.
Anne-Catherine Goetz a également interpellé la majorité sur l’inertie concernant la restitution du projet culturel global élaboré depuis plusieurs mois : « Après tant d’investissements dans cette étude, il est temps que les acteurs culturels soient réunis pour avancer ensemble. »













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