Crédit photo : Martin Wilhelm
Près de 80 personnes se sont réunies ce vendredi 4 avril sur le parvis de la Porte Jeune à Mulhouse pour réclamer la libération de Cécile Kohler, détenue en Iran depuis près de trois ans.
Ce rassemblement, organisé par sa famille et ses soutiens, a permis de rappeler l’urgence de son cas et de maintenir la pression sur les autorités françaises et iraniennes. Présent parmi les manifestants, le frère de Cécile a dénoncé une détention arbitraire et inhumaine, qualifiant sa sœur d’otage du régime iranien.
Des slogans tels que « Cécile, on est avec toi » ont résonné dans le cercle formé par les participants, tandis que l’appel à signer la pétition en ligne pour sa libération était renouvelé.
Détention arbitraire dans une prison tristement célèbre
Cécile Kohler, enseignante agrégée et militante syndicale originaire de Soultz (Haut-Rhin), est incarcérée depuis son arrestation le 7 mai 2022. Partie avec son compagnon Jacques Paris pour un voyage touristique en Iran, elle a été accusée d’espionnage par les autorités iraniennes sans qu’aucune preuve n’ait été avancée.
Depuis lors, elle est détenue dans la prison d’Evin à Téhéran, connue pour ses conditions de détention particulièrement éprouvantes, tristement célèbre pour ses violations des droits humains : isolement prolongé, interrogatoires brutaux et privation des besoins fondamentaux. Cécile partage désormais une cellule exiguë avec d’autres détenues, tandis que ses contacts avec l’extérieur restent extrêmement limités.
Mobilisation croissante en France
La mobilisation pour Cécile Kohler ne faiblit pas. En Alsace comme ailleurs en France, des rassemblements réguliers sont organisés pour maintenir son cas au premier plan. La pétition en ligne « Liberté pour Cécile » a déjà recueilli plus de 53 000 signatures. Emmanuel Macron a réaffirmé que la libération des ressortissants français détenus en Iran reste une priorité diplomatique, et a qualifié les arrestations de ressortissants français par la République islamique de « diplomatie de prise d’otage d’État« .
Le cas de Cécile Kohler s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu entre l’Iran et les pays occidentaux. L’arrestation récente d’autres ressortissants étrangers montre que Téhéran utilise ces détentions comme levier dans ses négociations internationales. Toutefois, l’espoir renaît après la libération récente d’Olivier Grondeau, un autre Français qui avait passé deux ans dans les geôles iraniennes avant d’être relâché il y a quelques semaines. I
L’homme avait souhaité ne pas révéler publiquement son identité jusque cette année, espérant que les négociations diplomatiques pour sa libération puissent aboutir en toute discrétion, puis il s’était ravisé et avait préparé une campagne de communication depuis la prison d’Evin.
Un combat qui continue
Malgré l’opacité du régime iranien et les conditions extrêmement difficiles de détention, la famille de Cécile Kohler refuse de perdre espoir. Lors du rassemblement à Mulhouse, son frère a appelé à ne pas laisser son nom sombrer dans l’oubli : « Nous demandons à la République islamique d’Iran de libérer immédiatement les otages et de respecter leurs droits fondamentaux ». Ce message est partagé par les élus locaux et les organisations internationales qui soutiennent activement cette cause.
Le sort de Cécile Kohler illustre tragiquement les tensions diplomatiques entre l’Iran et l’Occident. Utilisée comme monnaie d’échange dans un bras de fer géopolitique, avec d’autres occidentaux et bi-nationaux, elle reste avant tout une victime humaine dont le calvaire mobilise au-delà des frontières nationales.












