Crédit photos : Martin Wilhelm
Ce samedi 30 août, une cinquantaine de personnes s’est rassemblée au parc de la Bourse à Mulhouse pour dénoncer la violence et la faim qui frappent les habitants de Gaza, à l’appel du collectif Palestine 68, qui regroupe plusieurs associations et syndicats comme le Collectif citoyen Mulhouse, l’AFPS, la Ligue des droits de l’homme, la CGT, BDS68…
Sous les drapeaux palestiniens, les participants ont brandi des messages forts, dont le slogan « stop au génocide ». Une modeste mobilisation qui témoigne quoi qu’il en soit de la volonté persistante de sensibiliser l’opinion publique, même en cette fin de période estivale peu propice aux rassemblements.
Ainsi, des intervenants ont évoqué la situation dramatique à Gaza, et exprimé son inquiétude face à l’imminence d’un assaut généralisé sur Gaza-ville, actuellement dans une situation critique et sous une pression militaire intense.
Depuis fin août 2025, l’armée israélienne a déclaré la ville « zone de combat dangereuse », mettant fin à une pause humanitaire locale qui permettait le passage des convois d’aide dans la ville.
Alors que près d’un million de Palestiniens s’y sont réfugié, l’armée israélienne prépare une offensive d’envergure pour occuper Gaza-ville, dernier grand bastion du Hamas dans l’enclave. Cette opération prévoit d’abord le déplacement forcé d’environ un million de Palestiniens vers le sud de la bande de Gaza, suivie par le siège et l’encerclement de la ville avant une invasion terrestre.
Le cabinet de sécurité israélien a validé début août 2025 un plan visant à occuper Gaza-ville puis la bande de Gaza entière, avec pour objectif la neutralisation du Hamas et le contrôle sécurisé par Israël. Cette occupation s’inscrit dans une stratégie de blocus, de bombardements intenses et de destruction d’infrastructures civiles, qui ont déjà presque détruit la ville et provoqué un déplacement massif de la population.
Plus de 90% des Gazaouis ont été déplacés à plusieurs reprises, souvent vers le sud, dans des conditions humanitaires catastrophiques. L’ONU a vivement condamné ce plan d’occupation, le qualifiant d’« escalade dangereuse », et alerté sur les conséquences humanitaires dramatiques à Gaza, dont l’état de famine déclaré pour la population. Elle insiste sur la nécessité de pouvoir acheminer l’aide humanitaire en dehors des zones d’opération militaire, en vain jusqu’ici.
Il a également été rapporté des accusations d’experts des droits humains de l’ONU à propos de disparitions forcées et la faim extrême frappant les Palestiniens, notamment ceux cherchant désespérément de la nourriture dans les sites humanitaires.
La situation tragique des journalistes à Gaza et sur le terrain du conflit moyen-oriental
La guerre à Gaza est aujourd’hui la plus meurtrière pour les journalistes au XXIe siècle. Depuis octobre 2023, ce conflit a fait plus de 240 morts parmi les journalistes palestiniens, selon les bilans de Reporters sans frontières (RSF) et du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Ces pertes représentent une part disproportionnée – environ 75% – des journalistes tués dans le monde en 2023 et 72% en 2024. La gravité de la situation dépasse même le nombre de victimes des deux guerres mondiales parmi les journalistes, pour un conflit d’à peine dix-huit mois.
Le 25 août 2025, cinq journalistes ont été tués dans une frappe israélienne sur l’hôpital Nasser à Khan Younès, dans le sud de Gaza. Parmi eux figuraient des collaborateurs d’agences internationales telles qu’Al Jazeera, Reuters et Associated Press. Ces attaques ont suscité une onde de choc internationale.
Le 10 août 2025, une frappe israélienne a délibérément tué six journalistes palestiniens, dont Anas al-Sharif, reporter vedette d’Al Jazeera, ainsi que plusieurs cameramen et journalistes indépendants. Cette attaque ciblée a été condamnée par l’ONU, soulignant qu’elle constitue une grave violation du droit international humanitaire. Depuis le début du conflit, Gaza a été soumise à une répression méthodique des médias : destructions d’infrastructures, coupures d’électricité et d’Internet, ainsi qu’un blackout médiatique orchestré pour étouffer la couverture de la guerre.
Les témoignages poignants abondent, comme celui d’Hossam Shabat, journaliste d’Al Jazeera, qui avait rédigé un testament à seulement 23 ans, conscient des risques mortels pour sa profession. Il a finalement été tué en mars 2025 par un tir de drone. Des dizaines d’autres journalistes ont péri alors qu’ils couvraient la guerre, micro ou caméra à la main, tels Ahmed Al-Louh ou Ibrahim Mouhareb.
En mars 2025, on décomptait 24 femmes journalistes ayant succombé à des tirs de l’armée israélienne depuis les début de la guerre à Gaza.
Parmi elles figurent Salma Mukhaimar, Salam Mima, Iman Al-Aqili, Alaa Al-Hasanat, Ayat Khadura et Doaa Sharaf. Ces assassinats sont dénoncés comme des violations du droit humanitaire international, soulignant que leur statut de femmes et celui de journalistes ne les ont pas protégées du danger extrême auquel elles faisaient face. Ces violences ont été largement critiquées par des organisations et appels internationaux pour la protection urgente des journalistes en zone de guerre
Ces pertes massives et délibérées affectent profondément la liberté de la presse et dénoncent un climat de guerre dans lequel l’exercice du journalisme est devenu un combat pour la vie, tandis qu’il importe plus que jamais de documenter les crimes du gouvernement israélien.

























