Crédit photo (recadrée) : Martin Wilhelm

Une cagnotte en ligne a été ouverte afin de soutenir financièrement Olivier Boeglen, ancien salarié de l’Université de Haute-Alsace (UHA), confronté à d’importants frais de justice. Licencié pour faute lourde, sans préavis ni indemnité, il fait désormais l’objet de poursuites pénales engagées par la présidence de l’UHA en lien avec la création du site internet satirique « uha.2024 », conçu dans le cadre d’une campagne électorale.

Un acharnement dénoncé et des frais de justice considérables

Selon ses soutiens, la présidence de l’UHA s’acharne de manière disproportionnée, en mobilisant les ressources de l’établissement, contre le technicien. L’université réclame plusieurs milliers d’euros au titre d’un prétendu préjudice, ainsi que le remboursement de frais de procédure.

Concrètement, Olivier Boeglen a reçu plusieurs courriers remis en mains propres par huissier, facturés 265 € chacun, dont le remboursement lui est réclamé. À ces sommes s’ajoutent les honoraires de son avocat dans le cadre de deux procédures judiciaires distinctes. Pour ses proches et collègues, un soutien financier est devenu indispensable afin qu’il puisse assurer sa défense dans des conditions équitables.

Un site né d’un profond mal-être au travail

Au-delà de la dimension judiciaire, les conditions ayant conduit à la création du site « uha.2024 » interrogent. Ce site, satirique, visait à mettre en lumière un malaise grave et manifeste au sein de l’université. Ce malaise demeure, affirment des représentants du personnel, qui rappellent que la gouvernance a refusé la mise en place d’une enquête de la F3SCT sur les conditions de travail, pourtant votée à l’unanimité après le décès du directeur du numérique en mars dernier.

L’adresse mail liée au site incriminé avait reçu près de 150 témoignages, attestant de difficultés et souffrances au travail. Une grande partie des contenus publiés provenait directement de ces contributions, ce qui renforce, aux yeux des soutiens d’Olivier Boeglen, le caractère collectif de la démarche.

Liberté d’expression et campagne électorale

Contrairement aux affirmations répétées de la présidence, les soutiens du technicien informatique rappellent qu’aucune diffamation, ni injure personnelle, ni atteinte au système informatique de l’UHA n’a été constatée. Il n’y a eu, insistent-ils, ni intrusion ni accès illégal au réseau interne, ni « cyberattaque ».

Ils soulignent également que le site se situait exclusivement dans le cadre d’une campagne électorale, période où la liberté d’expression bénéficie d’une protection renforcée pour permettre un débat démocratique réel. Olivier Boeglen, par ailleurs, n’aurait jamais mêlé sa manière de servir à la FLSH à ces prises de position, se contentant d’assurer le rôle de chargé de publication, et d’exécutant technique, et non d’auteur unique des critiques formulées.

Un appel à la solidarité

Le licenciement pour faute lourde, sans indemnité, et les poursuites pénales qui s’ensuivent sont perçus par ses soutiens comme une sanction disproportionnée. Ils estiment que cette affaire pose, en creux, la question de la protection de la liberté d’expression au sein de l’université, du droit d’alerte sur les conditions de travail et de l’usage de fonds publics pour poursuivre un salarié devant les tribunaux.

Pour aider concrètement Olivier Boeglen à faire face, un appel à dons a été lancé. Les initiateurs expliquent que si 50 personnes versent 50 €, cela constituerait déjà un soutien significatif, à la fois financier et moral, pour traverser cette épreuve. Les contributions sont anonymes, et le message peut être relayé à des personnes de confiance.

En guise de mot d’ordre, les soutiens d’Olivier Boeglen citent Jean de La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », espérant que la solidarité permettra de rééquilibrer, au moins en partie, le rapport de forces.

Lien vers la cagnotte