Photos : documents remis
Une trentaine de personnes se sont réunies mardi soir à Mulhouse pour exprimer leur solidarité avec les victimes de l’attaque perpétrée samedi 25 juillet contre la Marche des fiertés de Berlin.
Une femme de 65 ans, venue accompagner sa fille, y est décédée. Le bilan fait également état d’une trentaine de blessés.
La manifestation de soutien a réuni des représentants de plusieurs sensibilités militantes locales. « Un »Echo », se disant lui-même ciblé par l’extrême-droite, y représentait la Communauté solidaire des terres de l’Est (CSTE), syndicat étudiant du Haut-Rhin engagé sur les questions de solidarité, de féminisme et d’écologie sur les campus mulhousiens et colmariens. Il s’est exprimé au nom des étudiants.
Ne tombons pas dans l’amalgame raciste de l’extrême droite : cette attaque n’a rien à voir avec les musulmans ou avec la gauche. Au contraire, l’islamisme est une idéologie réactionnaire, d’extrême droite. C’est l’Action Française qui en 2012 menait des actions violentes contre les personnes LGBTQIA+.
Ne nous y trompons pas : l’extrême droite qui instrumentalise l’attentat d’aujourd’hui est l’héritière de ceux qui nous déportaient hier. Face au fascisme, à l’islamophobie et à la haine anti-LGBT+, nous sommes la même cible. Plus de 300 personnes trans ont été tués dans le monde en 2025.
La haine tue, c’est pour cela qu’il faut construire un front queer et antifasciste, qui n’a pas peur de dénoncer l’ennemi de nos libertés, de notre droit d’exister.
Florence Claudepierre, figure locale de La France insoumise et ancienne candidate du Nouveau Front populaire dans la 6e circonscription du Haut-Rhin lors des dernières législatives, a également pris la parole pour le compte de son mouvement.
Le rassemblement, à taille modeste, a néanmoins permis à plusieurs organisations locales de prendre la parole pour dénoncer cet acte terroriste et rappeler l’importance de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle.
Un attentat revendiqué par l’EI
L’attaque qui a frappé le Christopher Street Day berlinois samedi soir a fait un mort et une trentaine de blessés, lorsqu’un véhicule a foncé dans la foule près de la porte de Brandebourg.
Le suspect, identifié comme un citoyen allemand d’origine libanaise de 21 ans, avait pris la fuite à pied muni d’une machette avant d’être abattu par la police dimanche, au terme d’environ vingt heures de traque.
Selon des révélations du parquet allemand, l’auteur des faits avait prêté allégeance à l’organisation Etat islamique dans une vidéo tournée le jour même de l’attentat, retrouvée sur son téléphone portable resté dans la voiture abandonnée sur les lieux.
Le ministre de l’intérieur allemand Alexander Dobrindt a par ailleurs confirmé l’existence de « liens avec l’EI » dans les données numériques saisies au domicile du jeune homme, déjà condamné en mai dernier pour avoir tenté de rejoindre les rangs djihadistes en Syrie. Cette affaire a depuis suscité de vives critiques en Allemagne quant à un possible laxisme judiciaire à l’égard d’un individu pourtant connu des services de sécurité.
Une mobilisation modeste mais symbolique
Avec une trentaine de participants, ce rassemblement s’inscrit dans une série plus large de mobilisations citoyennes qu’a connues Mulhouse au cours des derniers mois.
Aussi modeste soit-il, les structures organisatrices témoignent d’une volonté locale de faire écho, même à petite échelle, à l’émotion suscitée par l’attentat de Berlin dans les communautés LGBT+ et militantes de toute l’Europe, comme l’illustrent également les grands rassemblements organisés en Suisse dans les jours suivant le drame.

















