Crédit photo : Martin Wilhelm

Ce jeudi 30 juillet 2026, le tribunal correctionnel de Mulhouse a finalement condamné Anthony Thoma à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour apologie de crime. Le militant de l’Action française était poursuivi après un geste apparenté à un salut nazi, effectué le 8 mars 2026, en marge de la manifestation organisée à Mulhouse pour la Journée internationale des droits des femmes.

Âgé de 28 ans, agent immobilier et ancien colistier de la liste municipale soutenue par Reconquête !, Anthony Thoma avait été placé en garde à vue quelques jours après les faits. Une enquête préliminaire avait été ouverte à la suite de la diffusion d’images montrant un groupe de militants royalistes positionné sur le parcours du cortège féministe. Le parquet avait retenu l’hypothèse d’une apologie de crime contre l’humanité et d’une provocation à la haine.

Lors du procès, qui s’est tenu le 13 juillet, la présidente du tribunal avait fait projeter plusieurs minutes d’images issues de la vidéosurveillance. Selon le témoignage rapporté à l’audience, Anthony Thoma aurait successivement levé le poing, tendu le doigt, puis effectué un geste décrit comme un salut nazi.

Le prévenu avait contesté cette interprétation, expliquant qu’il s’agissait d’un mouvement de mécontentement et que son poignet se serait « relâché ». Il avait également nié toute adhésion au nazisme, tout en reconnaissant avoir scandé « Justice pour Quentin », en référence à Quentin Deranque, militant néonazi mort à Lyon en février 2026 après des affrontements avec des antifascistes.

Les débats avaient aussi porté sur l’idéologie de l’Action française et sur le positionnement politique du prévenu, qui se présente comme « royaliste » et affirme n’être « ni de droite ni de gauche ». Les perquisitions réalisées à son domicile avaient notamment permis de découvrir une affiche de propagande du régime de Vichy datant de 1941 ainsi qu’un visuel de l’Action française aux accents xénophobes.

Le jugement intervient après plusieurs mois de controverse, alors que le geste filmé avait suscité de nombreuses réactions dans le Haut-Rhin et au-delà. La présence de militants de l’Action française sur le parcours d’une manifestation féministe avait déjà provoqué des tensions et nécessité l’intervention des forces de l’ordre.

Avec cette peine de trois mois de prison avec sursis, la justice reconnaît le caractère pénalement répréhensible du geste retenu contre Anthony Thoma, sans prononcer d’incarcération immédiate.

Thoma devra verser la somme de 700 euros à la Ligue des droits de l’homme, la Licra et à SOS Racisme, au titre du préjudice moral.

À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas d’établir si le prévenu a indiqué son intention de faire appel.