Crédit photos : Martin Wilhelm

De Cisjordanie…

Vendredi dernier la projection du film-documentaire palestino-norvégien « No Other Land« , coréalisé en 2024 par Basel Adra, Hamdan Ballal, Yuval Abraham et Rachel Szor, a fait salle comble, dans la petite salle du cinéma Bel-air, au point de ne pouvoir accueillir l’ensemble des spectateurs qui souhaitaient le visionner.

La projection se tenait dans le cadre des soirées ciné-débat organisées par la Ligue des droits de l’Homme (LDH68) et Attac68, en coopération avec l’association France Palestine solidarité (AFPS).

Poignant et engagé, le film, sorti au cinéma depuis novembre 2024, explore et documente la lutte pour la survie des villages palestiniens de Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie, face à l’expulsion systématique menée par l’armée israélienne, qui compte y installer un camp militaire, et de fait y favoriser l’implantation de colonies.

Basel Adra, jeune militant palestinien, résiste depuis son enfance au déplacement forcé de son peuple par l’armée israélienne à Masafer Yatta, une région de Cisjordanie, et filme méthodiquement la destruction progressive des villages de sa terre natale, dont les soldats israéliens démolissent les maisons et expulsent les habitants.

Le film, salué pour sa puissance visuelle et son approche humaine du conflit israélo-palestinien, est par instants insoutenable de violence et de cruauté, tant l’arrogance des israéliens est saisissante.

S’il met en lumière la destruction progressive des villages palestiniens et les efforts désespérés des habitants pour résister, il puise sa force d’âme dans l’amitié entre Basel Adra, activiste palestinien issu de l’un de ces villages détruits, et Yuval Abraham, journaliste israélien critique envers son propre gouvernement, et que l’on voit être traité de « mauvais juif », parce qu’il lie comme indissociable le sort de deux peuples qui ont tout à faire ensemble.

Méta-film qui incarne et symbolise une résistance artistique et politique commune face aux matamores de l’armée israélienne stipendiés par un gouvernement d’extrême-droite dénué du moindre scrupule politique et moral.

« No Other Land » dépasse les discours militants pour offrir une expérience immersive et bouleversante. C’est un documentaire essentiel pour comprendre les réalités du conflit israélo-palestinien. A la fois brut, et profondément humain, il s’impose comme geste artistique et politique, et se voit gratifié du titre de meilleur documentaire à la Berlinale 2024, pour sa capacité à capturer l’humanité au cœur du conflit proche-oriental.

A noter que le film n’a toujours pas trouvé de distributeur au États-Unis…

A la situation de Gaza…

Alors que Gaza est toujours soumis à de nombreux bombardements, notamment dans le nord de la bande, des dizaines de Palestiniens, dont des enfants, ont encore été tués ces derniers jours. Par exemple, le 13 janvier 2025, plus de 50 personnes ont perdu la vie dans la ville de Gaza, et au moins 18 autres ont été tuées dans des frappes ce 14 janvier.

Cependant, des négociations pour une trêve sont en cours au Qatar. Un accord semble proche selon plusieurs sources, avec des discussions portant sur un échange d’otages et une cessation progressive des hostilités. Malgré ces avancées diplomatiques, les bombardements continuent pendant les pourparlers.

Alors que l’on disait que le Hamas, administrateur de Gaza gonflait les chiffres des morts, en les évaluant à 37 817, une enquête du magazine scientifique de référence « The lancet« , révèle que le nombre de morts à Gaza au cours des neuf premiers mois de la guerre entre Israël et le Hamas (du 7 octobre 2023 au 30 juin 2024) a été largement sous-estimé.

Selon cette enquête, le bilan réel serait supérieur d’environ 41 % à celui communiqué par le ministère de la Santé contrôlé par le Hamas. L’étude estime que les décès dus à des lésions traumatiques se situent entre 55 298 et 78 525, avec une estimation médiane de 64 260 morts…

Ce chiffre représente environ 2,9 % de la population de Gaza avant la guerre, soit près d’un habitant sur 35. Par ailleurs, l’évaluation ne prend en compte que les morts directes dues aux bombardements et autres blessures traumatiques. Elle exclut les décès indirects (manque de soins, nourriture, eau potable) ainsi que les milliers de disparus supposés enterrés sous les décombres.

Parmi les victimes identifiées, une majorité (59 %) sont des femmes, des enfants et des personnes âgées..