Crédit photo : Martin Wilhelm
Après onze jours d’un mouvement social, les cheminots de l’atelier de maintenance du technicentre TER de Mulhouse viennent de clore une lutte assez exemplaire, marquée par une mobilisation massive, pour défendre la sécurité des usagers, la reconnaissance de leurs compétences et l’amélioration de leurs conditions de travail.
Le mouvement, initié le 28 avril à l’appel de la CGT Cheminots, a mis en lumière des dysfonctionnements persistants et préoccupants dans l’atelier : fuites de gasoil ou d’huile, défaillances sur les passerelles d’accès aux toitures des engins moteurs, et procédures de sécurité jugées lourdes et inadaptées.
Les agents dénonçaient un « mode dégradé » de travail, conséquence selon eux d’un manque d’investissement et d’une gestion orientée vers la rentabilité au détriment de la sécurité ferroviaire et de la qualité du service public.
Malgré des alertes sociales répétées depuis plusieurs mois, la direction régionale de la SNCF a rejeté la demande de négociation « sous la pression », accentuant le sentiment d’invisibilisation des agents et de déni de leurs difficultés quotidiennes.
Ce n’est qu’au onzième jour de grève, après une paralysie totale de la production et une forte médiatisation du mouvement, que la direction régionale a accepté de se rendre sur le piquet de grève pour dialoguer directement avec les agents. Cet échange a permis de mesurer l’ampleur de la détérioration des conditions de travail et de la sécurité, ouvrant la voie à un accord de sortie de conflit.
L’accord conclu prévoit enfin la reconnaissance, attendue depuis dix ans, de la technicité et des compétences spécifiques des cheminots de Mulhouse, ainsi que des engagements pour améliorer leur sécurité et leurs conditions de travail.
Pour les syndicalistes, la victoire sociale, arrachée au terme d’une lutte éprouvante, met en lumière la capacité des agents à se mobiliser collectivement pour défendre la qualité du service public ferroviaire et la dignité de leur métier.
Ils voient leur mobilisation comme un exemple de solidarité et de détermination face à l’inertie managériale et à la dégradation des conditions de travail dans le secteur public, et rappellent l’importance d’un dialogue social réel et du respect des femmes et des hommes qui assurent chaque jour la sécurité et la fiabilité du réseau.












