Crédit photos : Martin Wilhelm
En dépit d’une météo capricieuse, la quatrième Marche des fiertés de Mulhouse a rassemblé près de 500 personnes ce samedi 7 juin, dans une ambiance à la fois festive et résolument politique. Le cortège, parti du square de la Bourse pour rejoindre le village associatif de Motoco, a prouvé une fois de plus que la Pride (la 4ème organisée à Mulhouse) est un moment incontournable de célébration, de visibilité et de revendication.
Ambiance de fête et de fierté
L’atmosphère a été immédiatement électrisée par la présence sur le char des drag-queens. « Bonjour, bonjour, bonjour Mulhouse ! », a lancé l’hôtesse de l’événement, Ana Dolly, avant de chauffer la foule : « Mulhouse, est-ce que vous êtes prêts à foutre le bordel ?« . À ses côtés, d’autres artistes ont participé à l’ambiance survoltée. Pour ViviAnn du Fermoir-de-Monsac, drag-queen originaire de la ville, l’émotion était palpable : « C’est ma première Pride à Mulhouse, étant donné que j’ai grandi ici, ça me touche énormément de revenir en terre natale et de vous voir tous et toutes aussi nombreux ». Un retour aux sources salué, prouvant comme l’a souligné Ana Dolly que « avec l’âge, on n’est pas obligé d’arrêter nos activités artistiques ».
L’événement, organisé par la Communauté solidaire des terres de l’Est, les Collectifs sonores mulhousiens, a été rendu possible grâce à l’implication de nombreux bénévoles, chaleureusement remerciés au micro : « Merci de tous les âges, de tous les genres, toutes les personnes de toutes les couleurs. Merci beaucoup. Vous me faites presque aimer Mulhouse », lance Ana Dolly.
L’évènement s’est poursuivi en soirée pour une after-party de 18h à 22h à Motoco.
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Discours politique ancré dans l’actualité
Si la musique et les couleurs arc-en-ciel étaient de mise, le ton s’est fait plus grave lors des prises de parole. « Moi, ça sera un discours un peu plus vénère« , a prévenu une intervenante, rappelant le sens premier de l’événement.
« Parce que la Pride à l’origine, c’était une émeute. Pas une garden party sous la pluie. Pas un défilé sponsorisé par des banques ».
Les discours ont mis en lumière les menaces pesant sur les droits des personnes LGBTQIA+ à travers le monde. La situation aux États-Unis, où « Trump est de retour et avec lui, un véritable plan d’extermination administrative des personnes trans », a été citée en exemple, tout comme les régressions au Royaume-Uni ou l’interdiction de la Pride en Hongrie« .
Le contexte politique français a également été au cœur des préoccupations, avec une opposition frontale à l’extrême droite, dont les slogans ont rendu compte au cours de la manifestation. Un militant a rappelé que les ennemis des libertés « ne seront jamais nos alliés« , qualifiant leur récent intérêt pour les questions LGBT de « vernis » servant à masquer leur racisme. L’appel à l’engagement a été clair : « Saisissez-vous des outils qui sont à votre disposition […] rejoignez la CSTE (le syndicat étudiant de Mulhouse), des syndicats professionnels, rejoignez les partis politiques, les associations militantes« .
La marche se voulait un cri de ralliement :
« Aujourd’hui à la Pride, on marche pour nos morts, on marche pour nos vivants, on marche pour nos camarades en colère […]. On marche pour la rage, pour la tendresse et pour la survie et on vous regarde droit dans les yeux pour vous dire : vous ne nous ferez pas disparaître. On est là et on est fiers ».
Situation contrastée en France et en Alsace
Cette marche mulhousienne s’inscrit dans un contexte alsacien dynamique, préfigurant celle de Strasbourg, la « Marche des Visibilités« , qui rassemble chaque année entre 10 000 et 15 000 personnes et se tiendra le 14 juin.
Au niveau national, la situation est complexe. Si la visibilité des minorités sexuelles s’accroît, notamment chez les jeunes (19 % des femmes et 8 % des hommes de 18-29 ans ne se déclarant pas hétérosexuels), l’acceptation pleine et entière reste un défi. Près d’un Français sur deux (46 %) estime que les personnes LGBT+ ne sont pas bien acceptées, un chiffre qui grimpe à 59 % chez les personnes concernées. Les agressions verbales et physiques restent à un niveau préoccupant, et une certaine réticence à légiférer davantage en faveur des droits LGBT+ semble se confirmer dans l’opinion publique.
Cette journée à Mulhouse, entre la joie des retrouvailles et la colère des combats à mener, a rappelé la nécessité de ces rassemblements. Un événement pour célébrer la diversité, honorer la mémoire des luttes passées et affirmer, haut et fort, la présence et la fierté de toutes les minorités sexuelles.


























































super l’article, mais Hêtre n’a pas organisé la pride cette année. Puis j’étais pas une intervenante mais l’organisatrice 🙂