Crédit photos : Martin Wilhelm

Le lundi 16 juin à 12h30, le Parlement européen de Strasbourg a été le théâtre d’une étape majeure du « Convoy for Justice« , une initiative transnationale partie de La Haye, passée par Bruxelles et Paris, et destinée à porter la voix des prisonniers palestiniens en Israël jusqu’aux institutions européennes. Ce convoi, composé d’anciens détenus palestiniens et de leurs avocats, a pour objectif d’alerter l’opinion publique et les décideurs européens sur les violations des droits fondamentaux subies par les prisonnières et prisonniers palestiniens.

Une mobilisation européenne inédite

Depuis le 12 juin, Strasbourg accueille une série d’actions militantes en soutien à la Palestine, dans un contexte marqué par la poursuite du blocus de Gaza et l’intensification de la répression dans les territoires occupés. Le passage du « Convoy for Justice » s’inscrit dans cette dynamique, avec une dimension particulière : la mise en lumière des conditions de détention et des témoignages directs d’anciens prisonniers palestiniens, venus raconter leur expérience sur le parvis du Parlement européen.

Témoignages de détentions sans charges, torture, absence de procès équitables…

Parmi les intervenants, une ancienne prisonnière palestinienne, a livré un récit poignant de ses trois années de détention dans les prisons israéliennes. Elle a évoqué l’isolement prolongé, la privation de droits fondamentaux, la perte de proches sans possibilité d’assister aux funérailles, et les humiliations infligées par les gardiens. Son témoignage, relayé devant les eurodéputés et le public, met en lumière la réalité de milliers de détenus palestiniens, dont plus de 10 000 seraient actuellement incarcérés, selon les organisateurs du convoi.

D’autres témoignages, recueillis par Amnesty International et France Inter, confirment la généralisation des détentions sans charge, la torture, l’absence de procès équitables, et la mort de dizaines de détenus en un an seulement dans les prisons israéliennes. Les avocats palestiniens présents ont également dénoncé les obstacles systémiques à l’exercice de leur métier, allant de l’intimidation à la détention administrative, en passant par la destruction des infrastructures judiciaires à Gaza.

Un système carcéral dénoncé par la société civile

Depuis 1967, plus de 800 000 Palestiniens ont été emprisonnés par Israël, soit une proportion qui touche pratiquement chaque famille palestinienne. Les arrestations sont quotidiennes, les détentions administratives – sans charge ni procès – se comptent par centaines, et les conditions de détention violent de nombreux principes du droit international humanitaire, notamment la IVe Convention de Genève, dénoncent les organisateurs. Les mineurs ne sont pas épargnés : chaque année, entre 500 et 700 enfants palestiniens sont arrêtés, souvent soumis à des violences physiques et psychologiques, et jugés par des tribunaux militaires.

Les ONG et collectifs présents à Strasbourg, dont l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, et des organisations européennes, ont appelé l’Union européenne à cesser toute coopération militaire avec Israël, à suspendre l’accord d’association UE-Israël, et à soutenir les juridictions internationales dans la lutte contre l’impunité.

Un appel à l’action des institutions européennes

Le message du convoi est clair : il ne peut y avoir de paix durable ni de justice sans la libération des prisonniers politiques palestiniens et le respect du droit international. Les organisateurs ont remis aux eurodéputés une synthèse des violations documentées et ont exhorté le Parlement européen à assumer ses responsabilités, en faisant pression sur Israël pour mettre fin aux détentions arbitraires, à la torture, et aux mauvais traitements dans les prisons.

« Aujourd’hui, ici devant le Parlement européen, nous élevons la voix des prisonniers palestiniens. Nous demandons à l’Europe de ne plus détourner le regard et d’agir pour la justice et la dignité humaine »

Un coordinateur du convoi.

Étape forte dans la mobilisation internationale pour les droits des prisonniers palestiniens, les témoignages des anciens détenus et leurs soutiens au cœur des institutions européennes, rappellent l’urgence d’une action politique et juridique pour mettre fin à des pratiques contraires aux principes fondamentaux des droits humains. L’Europe est désormais interpellée : la justice pour les prisonniers palestiniens est une condition sine qua non d’une paix juste et durable au Proche-Orient.

Partie prenante de la manifestation, La plateforme des ONG françaises pour la Palestine, créée en 1993, est un regroupement de 41 organisations de solidarité internationale enga-gées en faveur d’une paix juste et durable entre palestiniens et israéliens.

Parmi ses membres : la Cimade, le CCFD-Terre Solidaire [Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement – Terre Solidaire], la LdH [Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen], la LiFPL [Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté – section française], le MRAP, Secours Catholique – Caritas France, Terre des Hommes France, l’UJPF [Union Juive Française pour la Paix], Amnesty International France, Handicap International, MDM-France [Médecins du Monde – France], Première Urgence – Aide Médicale Internationale…

Dans une brochure accessible à tous, l’organisation documente le double traitement juridique systémique entre citoyens israéliens et palestiniens, tant majeurs que mineurs. Vous pouvez y accéder ci-dessous :

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