Crédit photos : Martin Wilhelm

Ce samedi 31 janvier 2026, l’Auberge de Jeunesse de Mulhouse a accueilli une rencontre organisée par le Collectif citoyen de Mulhouse, le Gaza collectif du Pays de Montbéliard et le parti Révolution permanente.

Malika Baouya, infirmière de 47 ans originaire de Nice, y a raconté son aide aux familles palestiniennes en Égypte et sa participation à la flottille pour Gaza.

Son ONG et ses actions

Malika Baouya crée Infirmiers sans frontières en 2023 après une mission médicale au Maroc, suite au séisme. Depuis fin 2023, elle aide 75 familles gazaouies exilées en Égypte, souvent des veuves ou mères seules avec enfants malades. Elle finance aussi 40 familles directement à Gaza et parraine une école informelle de 400 enfants au Caire, créée par les exilés (à hauteur de 20 euros par mois et par enfant).

Avec l’Association Amine, Malika sauve notamment Anas, un garçon de 9 ans né avec une malformation cardiaque grave. Sa mère fuit Khan Younis, laissant mari et trois enfants sous les bombes. Après des mois de démarches – passeports obtenus via Ramallah, faux relevés bancaires achetés 80 euros pour les visas turcs –, Anas est opéré à Istanbul pour 50 000 euros pris en charge par Amine. Malika les accompagne ; ils découvrent la neige avant de rentrer en Égypte, en attente d’un retour à Gaza par Rafah.

La flottille vers Gaza

Bloquée lors de la Marche vers Gaza en Égypte, Malika rejoint la flottille lancée en deux mois par Global March to Gaza (marche mondiale vers Gaza) : 48 pays, 50 bateaux, millions d’euros levés. Départ de Barcelone le 27 août 2025 avec une semaine de formations animées par Greta Thunberg et d’autres.

Malgré des tempêtes, des pannes et des attaques de drones en Tunisie et Crète, elle navigue sur le bateau « capitaine Nikos » aux côtés de Rima Hassan. Interception israélienne le 2 octobre dans les eaux internationales (donc illégalement) : des soldats armés brisent les caméras et fouillent l’embarcation durant 4 heures.

Détention en Israël

À Ashdod, violences policières sous les yeux du ministre Ben Gvir : fouilles humiliantes, coups, cris d’insultes. Transfert en prison à Ktziot dans le désert du Néguev pour 6 jours : cellules surpeuplées (13 femmes dont Rima), sans eau ni douche, tortures psychologiques avec photo de Gaza détruite. Les détenues trouvent des objets artisanaux cachés par des prisonniers palestiniens : pendentifs en pain sculpté, chapelets en noyaux d’olive, lettres émouvantes. Libérées le 6 octobre, elles sont rapatriées en avion grec vers Athènes, puis rentrée en France en tenue de prison…

Projets à venir

Présidente pour le Grand Est de Waves of Freedom (dont elle dirige la délégation française), Malika prépare une nouvelle flottille avec plus de 100 bateaux et un convoi terrestre via le Maghreb, la Libye et l’Égypte au printemps 2026. Autres priorités : des aides pour le Ramadan à Gaza et en Égypte, une mission au Liban dans les camps palestiniens. Elle collecte des dons et appelle à suivre @infirmiers_sans_frontieres sur Instagram.

L’événement s’est achevé par la remise d’un chèque de 1200 euros à Malika.

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