Malgré un temps peu engageant, ce sont près de 60 personnes qui se sont rassemblées mercredi 26 mai devant le bâtiment de la communauté de communes de la vallée de Munster.

Des militants du SFA-CGT (syndicat français des artistes-interprètes) et plusieurs artistes, deux membres du PCF, mais surtout des « citoyens et citoyennes » – certains avaient adressé des courriers de protestation à titre personnel – indignés par l’abus de pouvoir auquel le président de la communauté de communes, Norbert Schickel, s’était livré en faisant annuler la représentation d’un ensemble musical programmée au centre culturel de la ville, parce que quelques-uns de ses membres avaient participé à un « flash-mob » sans porter les muselières sanitaires inutilement requises en extérieur.

Les participants avaient été prévenus par voie de réseaux ou de presse (les DNA et L’Alterpresse68 s’étant fait l’écho de l’affaire). Leur arrivée au rassemblement s’est étalée sur une bonne demi-heure, les DNA ayant annoncé ce dernier une demi-heure plus tard que l’horaire fixé par les organisateurs.

Il a fallu demander une entrevue, manifestement non prévue, alors que la déclaration  stipulait expressément une demande d’audience et que l’agent du Renseignement territorial s’était engagé à l’organiser.

Une proposition de délégation de quatre personnes a été refusée, les deux agentes de la comcom ne voulant recevoir que notre camarade musicien incriminé seul (ce qui dit long sur la considération que les barons locaux ont pour l’expression démocratique). Celui-ci demanda à être accompagné de son « délégué syndical » : il faut croire que ce mot magique opère encore, tel un sésame, car la proposition fut acceptée.

Ceux-ci furent reçus dans une salle dotée de tables et de chaises -tout le monde restera debout, comme s’il n’était pas question de s’éterniser – , nulle invitation à s’asseoir ne sort de la bouche des deux agentes – le président ayant pris la sage décision de ne pas être là –  dont l’une, responsable « culture », et dont émanaient tout autant de la prévention hostile qu’une crainte bien tangible : elles étaient, conjointement avec l’agente de l’accueil qui faisait l’entremise, aussi aimables que des portes de pénitencier.

Après un rapide résumé des griefs à l’encontre de la décision arbitraire et sans aucun fondement légal du napoléonien président de la comcom, elles proposent une « médiation », sans qu’on ne sache qui serait le « médiateur », par définition neutre : le président lui-même ?

L’ensemble musical ayant auparavant envisagé, pour maintenir néanmoins le concert, de louer la salle de l’espace culturel, elle proposent de s’en tenir à cela comme solution : le musicien et son « délégué » ont d’emblée écarté cette idée parce qu’elle ne pouvait en aucun cas constituer une réparation du préjudice, ne serait-ce qu’en raison du risque financier porté dès lors par l’association, et ont proposé comme unique alternative – pour permettre au dictateur local de s’en sortir la tête à peu près haute – de reprogrammer le concert prévu, à une date autre mais proche à la fois, le concert qu’il avait annulé.

À défaut, le syndicat saura donner à l’affaire aussi inouïe qu’illustrative des dérives autoritaires favorisées par les circonstances et le climat politique ambiant, toute la publicité qu’elle mérite. Silence et regards des agentes vers le plancher qui n’avaient pourtant rien de remarquable.

Dans un deuxième courrier au groupe de musique, Norbert Schickel réfute le terme de « punition » pour qualifier la décision qu’il a prise : il n’a rien proposé d’autre pour la qualifier…

Ci-dessous, la galerie photographique proposée par notre collaborateur Martin Wilhelm :

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