Ce samedi 27 mai, à l’initiative de l’association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation, se tenait à Thann, devant le monument aux morts, une cérémonie célébrant les 80 ans du Conseil national de la Résistance (CNR), fondé à Paris le 27 mai 1943.
La cérémonie mettait pareillement en exergue le rôle par trop méconnu des femmes résistantes, à commencer par celui de Jeanne Helbling.
Née à Thann en 1903, ses parents quittèrent en 1907 l’Alsace soumise au Reich, pour s’installer à Paris.
Restée dans la mémoire populaire pour ses rôles au cinéma, où elle apparait pour la première fois en 1922 par la volonté de Julien Duvivier, elle enchainera plus d’une trentaine de films muets, avant de s’adapter sans grande difficulté au cinéma parlant à partir de 1927.
Elle apparaitra alors dans une quarantaine de films sonorisés, notamment aux côtés de Michel Simon, Odette Joyeux, Pauline Carton, Yvonne Printemps et Sacha Guitry, dont un film tourné en Alsace.
Elle joue à Berlin entre 1927 et 1928, puis tourne à Hollywood, de 1930 à 1931, en compagnie notamment de partenaires comme Buster Keaton ou Douglas Fairbanks.
Quittant les plateaux de cinéma en 1946, à l’âge de 43 ans, elle se marie en 1946 à New York avec Henry Garin. Décorée en 1983 des Arts et Lettres par Jack Lang, elle s’éteint en 1985.
Mais pour beaucoup, Jeanne Helbling semble avoir tenu son meilleur « rôle », lorsqu’elle devint une figure centrale de la Résistance française.
L’occupation allemande de Paris en 1940, voit ainsi Jeanne Helbling intégrer « l’armée des ombres » sous le nom de Chantal.

Elle assurera notamment l’hébergement de résistants et d’alliés, dont Pierre Brossolette, le colonel Passy et l’agent anglais Forest Yeo-Thomas. Ces deux derniers organiseront à l’insu de Jean Moulin (chef des réseaux de résistance) et contre sa volonté, une réunion qui verra la création du Comité de coordination des mouvements de résistance de la zone nord.
Cette réunion facilitera la tenue de la réunion constitutive du Conseil national de la Résistance, le 27 mai 1943.
Inquiétée par la Gestapo, mais relâchée à défaut de preuve tangible, Jeanne Helbling traverse sans trop d’encombres la période de l’Occupation, et recevra les honneurs du général de Gaulle ainsi que du Royaume-Uni, pays qui lui décernera l’Ordre de l’Empire britannique, à la Libération, pour avoir hébergé Forest Yeo-Thomas, lors de tous ses séjours en France.
ERRATUM : Arlette Hasselbach est présentée dans la vidéo comme le présidente de l’AFMB. Il fallait bien entendu lire AFMD, pour association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation.












